Lettre - Fausses balles à Radio-Canada

Samedi, début de la soirée, Radio-Canada. À l’écran, Serena Williams, première joueuse de tennis au monde, affronte à Toronto Annieska Radwabska pour la coupe Rogers, version féminine. Tout à coup, en plein milieu d’une partie, l’image rétrécit et, dans un coin de l’écran, apparaissent Rafael Nadal et Novak Djokovic qui s’apprêtent à s’affronter à Montréal pour le même coupe Rogers, mais dans sa version masculine.

 

Du coup, les deux ineffables animateurs de la télé trépignent, oublient le match féminin en cours, bafouillent un peu puis c’est le black out. Radio-Canada vient sans préavis de tirer la plogue du tennis féminin en cours à Toronto, pour se ploguer sans autre préambule sur le tennis masculin à Montréal, laissant en plan son auditoire jusque-là accroché au match Williams-Radwanska.

 

Comme si la chose allait de soi. Plus frustrant que ça…

 

Comment qualifier autrement que de grossière insulte cet affront sans nom infligé par Radio-Canada à Serena Williams et à son adversaire Radwanska ?

 

Affront infligé non seulement aux deux joueuses, mais à l’ensemble du monde du tennis féminin, aux femmes en général, de même, au bout du compte, qu’à l’ensemble des amateurs de tennis des deux sexes, y compris les moins politisés d’entre eux, laissés pour compte alors qu’ils étaient engagés mentalement et émotivement dans ce match interrompu en plein milieu. Je suis très franchement de ceux qui n’arrivent toujours pas à croire ce que, pourtant, j’ai vu de mes yeux vu ! Au point que j’ai vérifié au calendrier : août 2013, Québec…

 

J’ai fermé la télé sur-le-champ, comme pour ne pas me sentir passivement complice de cet affront. Comme par solidarité. J’ai flushé Radio-Canada et la Coupe Rogers. Et dimanche après-midi, pendant les finales, je suis allé aux vues !…

-Jacques Keable

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