Lettre - Mme Marois: une nouvelle vision de la fédération?

Je suis fort impressionné de la performance de Pauline Marois au Conseil de la fédération.

 

Malgré son anglais approximatif et son option, elle a fait en sorte que le Québec prenne sa place légitime à la table de la Confédération.

 

En fait, je me suis surpris à être fier d’elle, moi qui suis un vieux fédéraliste. Est-ce la présence d’un plus grand nombre de femmes à cette assemblée ? Il me semble que le ton change et que les provinces prennent une prestance et une assurance que nous ne leur connaissions pas.

 

Je me suis même permis de rêver qu’une nouvelle vision de la «souveraineté» puisse oxygéner la fédération et permettre au Québec d’y jouer à nouveau son rôle légitime.

 

Alors même que la société Hydro- Québec en appelle aux tribunaux pour maintenir un contrat dépassé qui exploite injustement la province de Terre-Neuve, Mme Marois aurait l’occasion de renégocier cette entente avec son homologue et permettre à Québec de s’associer avec Terre-Neuve pour devenir, ensemble, les fournisseurs d’une énergie propre et abondante dont pourrait bénéficier l’ensemble du nord-est de l’Amérique du Nord. En effet, les deux provinces pourraient combiner leurs ressources pour établir une infrastructure permettant la distribution de l’énergie la plus propre au monde à six provinces du Canada et au moins dix États américains, permettant une réduction considérable d’autres sources d’énergie.

 

On peut imaginer que la réduction des gaz à effet de serre, dans tout le nord-est de l’Amérique du Nord, serait considérable.

 

Cette collaboration, j’en suis sûr, susciterait chez nos voisins du Sud et les provinces limitrophes une nouvelle attitude qui nous permettrait de bâtir l’infrastructure nécessaire dans l’harmonie et la collaboration.

 

Je n’insiste pas sur la richesse nouvelle qu’une telle initiative apporterait au Québec et qui nous permettrait de réduire, sinon d’éliminer, notre dépendance aux sables bitumineux.

 

Une nouvelle vision de la souveraineté ? Peut-être pas. Cela ressemble peut-être à une certaine souveraineté-association.

22 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 3 août 2013 04 h 21

    Inquiétude...

    Ce commentaire m'inquiète encore plus que je ne l'étais au sujet de Madame Marois et son gouvernement...
    Tout comme il est stratégique pour le Canada d'essayer de s'approprier les oeuvres et les artistes qui longtemps, ou autrefois ?, ont lutté pour notre indépendance nationale, montrer que, dans le fond, les fédéralistes aimaient bien René Lévesque et ses concepts politiques, cela est dorénavant devenu de bon ton.
    Après avoir triché pour bloquer le processus normal d'accession à l'indépendance de notre peuple francophone, de tromper les plus jeunes d'entre nous en jouant sur la vérité des choses est la nouvelle religion des communicants fédéralistes.
    En effet, après avoir fait tant douter les Québécois de leurs capacités et en avoir combattu l'idée d'émancipation politique républicaine, au point de préférer la tricherie durable plutôt que la défaite démocratique, qu'un fier fédéraliste en arrive aujourd'hui à se présenter publiquement comme publiciste d'une "certaine souveraineté-association" démontre selon moi deux choses.
    La première, qu'à l'exemple de nombre Canadians, la capacité fédéraliste de tordre le cou à n'importe quelle vérité persiste à n'avoir aucune limite.
    La deuxième, qu'en bon représentant folklorique anti-chicanne, non seulement le gouvernement Marois ne fait pas ce qu'il faut pour faire avancer les choses en termes d'indépendance, mais qu'il fait même exactement le contraire. La Devise de celui-ci n'apparaît-elle pas être : tout, pourvu que cette ambition populaire ne progresse pas" ?..
    A chaque fois que je vois Madame Marois sourire de l'une de ses collaborations provinciales constructives, je me demande comment l'accession du Québec à la république a pu devenir le parcours fleuri des aimables circonstances que ce gouvernement nous présente ???
    Oui, par quel processus magique celui-ci peut-il prétendre faire avancer les chose pour les Québécois alors qu'au quotidien, et en version canadienne, il nous joue la partition de "Tout le monde i

    • Yves Côté - Abonné 3 août 2013 09 h 21

      Oups, trop long mon commentaire était...

      Il se termine donc par :
      ...Oui, par quel processus magique celui-ci peut-il prétendre faire avancer les chose pour les Québécois alors qu'au quotidien, et en version canadienne, il nous joue la partition de "Tout le monde il nous joue la partition de "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" ?

      Vive le Québec libre !

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 3 août 2013 07 h 12

    S.V.P.

    S.v.p. N'y mettez pas d'étiquette ni de nom car les barricades vont se lever. Bien faire les choses et s'entendre à l'amiable est très suffisant !

  • Catherine Paquet - Abonnée 3 août 2013 07 h 30

    Vous s'y pensez pas...

    ... rêver de voir les indépendantistes, avec Pauline Marois à leur tête, militer pour une nouvelle vision de la fédération canadienne. Ils ont du mal à cacher leur indifférence au sort des francophones hors-Québec. Ils ne rêvent qu'à "la prochaine fois" promise par René Lévesque.

    • André Le Belge - Inscrit 3 août 2013 13 h 21

      J'ai un rêve: voir des fédéralistes faire un effort pour comprendre le rêve indépendantiste et critiquer le gouvernement pour vouloir insideusement l'élimination des communautés francophones. Oui, j'ai un rêve...

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 3 août 2013 13 h 39

      Mettons que dans un naufrage, 7 personnes peuvent s'en sortir alors qu'une personne aimerait mieux rester dans l'eau, est-ce qu'il faut que les 7 se noient avec la 8ème par solidarité ethnique ?

      Le français comme langue d'usage à la maison dans le reste du Canada est en chute libre, et encore, c'est une moyenne entre un Nouveau-Brunswick où le français est fort, et le reste où c'est beaucoup pire que la moyenne. En Saskatchewan en 2006, par exemple, les trois-quarts des francophones de naissance ne s'en servaient plus comme langue principale à la maison.

      La morale de l'histoire, c'est que si t'es franco hors-Québec et que tu veux vivre en français et avoir de bonnes chances de pouvoir parler en français à tes petits-enfants, tu déménages au Québec. Mais j'insiste pour dire que le Nouveau-Brunswick est une exception dans ce portrait.

  • André Chevalier - Abonné 3 août 2013 07 h 43

    Uncontrat juste

    Le contrat entre Hydro-Quebec et Terre-Neuve est juste.

    Aucune entreprise privee ne voulait risquer d'investir dans le projet de Churchill-Falls: il n'y en avait que pour le nucleaire, a cette epoque. Tous les risques furent assumes par Hydro-Quebec et les contribuables quebecois. Terre-Neuve n'y a pas mis un sous et n'a rien risque; elle tire des redevances par le seul fait que cette zone fait soi-disant partie de son territoire. Terre-Neuve prendra possession pleine et entiere de ces installations a la fin du contrat, meme si elles ont ete construites entierement par l'argent des quebecois.

    • Claude Lafontaine - Abonné 3 août 2013 12 h 21

      L'entente du temps est couverte par un contrat, ceux qui l'ont négocié l'ont fait de bonne foi en s'assurant que ce serait équitable pour leur collectivité respective, avec le temps il s'avère qu'en terme de retombées économiques l'entente est beaucoup plus avantageuse pour le Québec que pour Terre-Neuve etles terreneuviens voudraient bien que les québécois les traitent comme des frères et ajuste le tir, modifient le contrat avant échéance pour rééquilibrer le partage des retombées économiques, pire les représentants de Terre-Neuve ne manquent pas une occasion de critiquer le Québec et de nous faire passer pour des profiteurs.

      Quelle serait l'attitude des terreneuviens si on leur rappelait comment le Québec s'est fait amputer / voler le Labrador ? Si le Québec revendiquait d'eux un ajustement aux limites territoriales pour que ça reflète un peu mieux "l'esprit" du projet du temps qui était d'attribuer au terreneuviens l'accès au littoral du Labrador pour qu'ils puissent s'y installer durant les mois d'été pour faire la pêche, qu'est-ce qu'ils répondraient les terreneuviens ? Alors pourquoi deux poids deux mesures ?

  • Pierre Labelle - Inscrit 3 août 2013 08 h 21

    Le rêve.

    Pour que votre rêve devienne réalité, il faudrait que le gouvernement cental décentralise davantage dans plusieurs domaines. Cela n'est pas pour demain la veille, surtout pas avec le gouvernement actuel. Bien des générations avant nous ont caresser ce rêve, ont gobé les belles promesses, même écouter de beaux messages d'amour (1995). Avec le temps, ce pays est devenu de moins en moins une confédération, pour devenir de plus en plus une fédération, il existe une réelle différence entre ces deux entitées, alors pour "une certaine souveraineté-association", permettez-moi d'avoir perdu la foie.