Lettre - Veut-on sauvegarder le français comme langue internationale?

Je reviens d’un voyage à Paris (où je suis allée plus d’une vingtaine de fois depuis 1966), de même que dans la région de Bordeaux et sur la côte sud-ouest de Bordeaux. Comme beaucoup de Québécois qui allaient à Paris, entre autres au milieu des années 1990, je trouvais cocasse ou amusant de voir des mots tels que « parking », « pressing »… À l’époque, je remarquais ces mots, sans trop m’offusquer. Mais, cette fois, j’ai été assez frappée par la présence de l’anglais : dans la vie de tous les jours, dans les appellations de commerces, etc. (non seulement certaines traductions en anglais, ce qui est acceptable à mes yeux dans des endroits touristiques, mais dans un bon nombre de cas des appellations en anglais uniquement).

 

Je sais depuis déjà plus de 45 ans que, lorsque je voyage en Europe, l’anglais m’est beaucoup plus utile que le français. Mais je n’étais pas consciente jusqu’à maintenant à quel point il y a maintenant en France une valorisation de l’utilisation de mots anglais ainsi qu’une certaine inconscience quant à la fragilité de la langue française dans un univers où l’anglais est utilisé non seulement par les Anglo-saxons, ce qui va de soi, mais aussi dans certaines circonstances optionnelles par des Français et par les citoyens, dont les touristes, d’un très grand nombre de pays. Je pourrais citer une multitude d’exemples, mais j’étais en voyage de plaisir et n’étais pas en France pour vérifier la présence de l’anglais. Ma lettre se veut donc plus générale. Un seul aspect anecdotique que je mentionnerai ici : mon mari est Britannique d’origine ; il habite à Montréal depuis plus de 40 ans et parle un excellent français ; à Paris, et même ailleurs en France, dès qu’il ouvrait la bouche, en français, dans des cafés, restaurants ou réceptions d’hôtels, les préposés lui répondaient plus souvent en anglais qu’en français ; c’est lui qui devait leur dire que ça lui convenait de continuer la conversation en français.

 

Dans le contexte mondial actuel, Internet, dominé par l’anglais, a plus d’influence que l’Académie française. Si les francophones veulent que le français reste une langue internationale, il y a beaucoup de travail à faire, non seulement au Québec, mais aussi en France quant à la conscientisation par rapport à certains gestes de la vie quotidienne.

21 commentaires
  • Luc Genest - Inscrit 27 juillet 2013 07 h 17

    Hélas madame

    Hélas madame, je crois que beaucoup de lecteurs peuvent corroborer ce que vous avancer dans votre texte. Amateur de généalogie, je me suis rendu 1 semaine l'automne dernier à Nantes. À 2 reprises, des jeunes de plus, m'ont répondu en anglais lorsque je me suis adressé à eux. En ironisant, je leurs ai répondu très gentiment et poliment que je possèdais la relique de l'accent parisien que l'on entendait à la cour de Louis XIV au 17e siècle. La cerise sur le sundae, ma carte d'enbarquement à l'aéroport de Nantes est uniquement en anglais! Et oui, un vol Nantes-Montréal avec service bilingue de plus. Tous les passagers dans l'avion parlaient le français! Pendant ce temps-là, la cour suprème du PLUS beau pays du monde décrète que les preuves doivent être présentées en anglais en se basant sur une vieille loi de plus de 300 ans! J'aime mieux arrêter car je sens monter ma pression!

  • Jean Boucher - Inscrit 27 juillet 2013 10 h 46

    No future

    Que voulez-vous c'est comme ça quand les jeunes de France obtiennent leur "masters" dans le "most beautiful country of the world". C'est notre mère-patrie mais malheureusement aussi celle des orgueilleux anglos-saxons qui l'envahissent constamment, comme des mal élevés, notamment avec leurs innombrables drapeaux encombrants et leurs cyclistes
    "winners", souvent dopés, durant Le Tour de France.

  • Gaétan Fortin - Inscrit 27 juillet 2013 11 h 55

    «je possèdais la relique de l'accent parisien que l'on entendait à la cour de Louis XIV au 17e siècle.»

    Comment savoir ? Quant à moi, je ne m'en souviens pas.

    • Luc Genest - Inscrit 27 juillet 2013 13 h 01

      Effectivement monsieur Fortin, comment savoir? Moi non-plus je ne m'en souviens pas!!! Cependant je vous suggère la lecture de l'essai suivant: "D'où vient l'accent des Québécois? Et celui des Parisiens?" de Jean-Denis Gendron aux éditions "Les presses de l'Université Laval." Une simple petite recherche également sur Internet pourrait vous en informez, même si vous et moi n'y étions-pas.

      Luc Genest
      Salaberry-de-Valleyfield

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 27 juillet 2013 13 h 03

      Il suffit de lire Voltaire, Molière, Jameray-Duval, Mercier, Montesquieu, Barbier, Bernis, Rétif de la Bretonne, Les Relations des Jésuites, etc.

      La liste est interminable.

    • Claude Lafontaine - Abonné 27 juillet 2013 22 h 05

      @ Gaétan Fortin
      La langue (l'accent) de nos ancêtres du temps de la Nouvelle-France correspondait à celle parlée en France, on l'enseignait de cette façon ici, mais après la conquête les ponts avec la France ont été coupés et peu de temps après est survenue la révolution française et suite à cette révolution le français de Paris ont décidez ce changer la façon de prononcer les mots (l'accent), mais ce changement personne ne l'a importé ici, on continuait ici à enseigner le français comme au temps de la Nouvelle-France, c'est essentiellement ça qui explique la façon différente que nos ancêtres, nos parents et grands-parents avaient et que nous-mêmes avons aujourd'hui de prononcer les mots par rapport aux français de France. À ça s'ajoute bien sûr tout un lot de nouveaux mots inventés / créés ici que les français de France ne connaissent pas.

  • J-F Garneau - Abonné 27 juillet 2013 13 h 32

    La langue française

    ...est la 5e langue la plus parlée au monde tenant compte de langue primaire et langue seconde. Chinois (mandarin) anglais, espagnol et hindi la devancent.
    C'est la deuxieme langue la plus influente au monde, oui encore, derrière l'anglais.
    Plus de 220 millions de personnes parlent français, et selon l'organisation mondiale de la francophonie on a jamais autant parlé le français dans le monde.
    La survie du français passera par l'alphabétisation du continent africain. L'inclusion de mots anglais dans la langue française en France est anecdotique. Pendant votre voyage, avez vous écouté la télé, ou visité un musée. Au delà de l'utilisation de mots anglais, la qualité du français utilisé dans les médias, est peut être un marqueur plus réel. Lire Le Monde, ou même le Figaro nous ramène rapidement à une utilisation juste et correcte de la grammaire et la syntaxe.
    Au Québec évidemment on a tendance à tout ramener à la conquête, puisque nous nous sommes donnés pour mission de se positionner au centre de l'univers, et le "big bang" linguistique remonte aux plaines d'Abraham.
    Pr contre l'anglais, pour le Chinois, la Russe, le Chilien, le Serbe, le Finlandais tout autant que pour le Français, est un outil additionnel de communication international, qui n'est pas associé a une paranoïa politique.

  • Guy Lafond - Inscrit 27 juillet 2013 13 h 53

    Le Français pourrait bien redevenir la première langue internationale si...


    si les anglophones sombrent dans une folie informatique, anglophone d'abord.