Lettre - Le prix de l’essence, quel hasard!

Il ne fallait pas être un grand théoricien de la finance, me direz-vous, pour connaître la date de la prochaine hausse du prix du litre de l’essence à la pompe. C’est devenu outrageusement récurrent, cela depuis des années. Il est clair que les pétrolières avaient placé un X sur leur calendrier depuis longtemps ; les vacances de la construction étaient ciblées. Ça vous étonne ?

 

Que l’Institut canadien des produits pétroliers ne vienne pas, inutilement, tenter de faire avaler au bon peuple payeur des théories internationales vides écrites d’avance. Pendant ce temps, la célèbre Régie de l’énergie, notre valeureux chien de garde incapable d’aboyer, dort encore au gaz. De plus, les gouvernements adoptent le mutisme, car leurs revenus fiscaux augmenteront, cela sans porter le poids de la culpabilité. Mais au fond, si le consommateur ne dit mot, pourquoi les pétrolières insatiables de profits qui, manifestement, ne désirent pas se rasséréner, n’en profiteraient-elles pas ?


Michel Beaumont - Québec, le 19 juillet 2013

5 commentaires
  • Claude Lafontaine - Abonné 23 juillet 2013 07 h 06

    Collusion peut-être ?

    Je vis dans le Bas-St-Laurent et ici, il n'y en a pas de concurrence entre les distributeurs et ça depuis des décennies, le scénario est toujours le même : Un matin un de la gang augmente son prix ex: de 0.04-0.05 cents le litre et em quelques heures ils sont tous au même prix et collent à ce prix 1 ou 2 mois, plus rien ne bouge, et ça recommence un de la gang baisse de 1 cent les autres suivent toujours en quelques heures et ça colle là un autre mois. C'est zéro concurrence, ce qui nous fait soupçconner qu'il peut y avoir de la collusion (seule explication logique), mais apparemment que c'est très difficile à prouver.. que nous disent ceux qui ont comme tâche de voir à ce qu'il n'y ait pas de collusion... et comme consommateurs captifs nous faisons sonner la caisse enregistreuse des pétrolières.

    Je vais de temps à autre dans le secteur de Victoriaville et la majorité du temps l'essence là est beaucoup moins dispendieuse qu'ici ou qu'à Québec ou Trois-Rivières, mais dans ce coin là du Québec un groupe de détaillants s'est fait prendre à faire de la collusion sur les prix et depuis ce temps, curieusement, les prix sont meilleurs là qu'ailleurs et pas tous les mêmes d'une station à l'autre. La collusion serait-elle LA principale cause du piso-essence qu'on n'en finit plus de payer ? Et comment expliquer que lorsqu'un COSCO offre de l'essence à bon prix les pétrolières suivent ?

    La rareté du pétrole qu'on a souvent évoqué pour justifier les hausses de prix ne devraient plus jouer depuis que les USA ont commencé à exploiter le pétrole de schiste, et il y a le pétrole des sables bitumineux qui est en croissance, la consommation mondiale augmente aussi mais le pétrole brut ne manque pas et si la concurrence jouait les prix devraient tomber un peu ! Mais les pétrolières sont fortement intégrées à la verticale, alors ils ont beau jeu, si le prix tombe pour le brut, ils augmentent leur marge au raffinage (vases communiquants) et nous continuons à payer. Misère !

  • Fabien Nadeau - Abonné 23 juillet 2013 08 h 31

    Loi du marché

    Je pense que nous oublions que nous vivons sous l'emprise de la loi du marché. Qui se résume à une seule question: "Quel prix es-tu prêt à payer?" Si tu n'es pas prêt à payer le prix que je demande, tu t'en passes!

    Le pétrole, on ne peut s'en passer. Mais on peut diminuer sa consommation, par exemple. Il faut devenir des pingres du pétrole. Les stocks augmenteront et pour nous inviter à consommer, les pétrolières devront diminuer les prix.

    Alors, lever le pied en conduisant, utiliser le vélo ou le soulier de course quand c'est possible, consommer les produits locaux... Les moyens sont à notre portée.

    Et souriez devant les manoeuvres de l'Institut canadien de défense des pétrolières, comme devant les arguments du vendeur de chars usagés... Ils ne sont pas payés pour dire la vérité!!!

    • Claude Lafontaine - Abonné 23 juillet 2013 10 h 31

      La règle serait selon vous : "Quel prix es-tu prêt à payer?" Si tu n'es pas prêt à payer le prix que je demande, tu t'en passes!" et je crois bien que vous avez raison.

      Si on se tenait comme consommateur, nous pourrions comme d'autres l'ont déjà suggéré, boycotter les pétrolières en alternant, par exemple on se donne le mot et personne ne va chez Pétro-Canada cette semaine, un boycotte massif, important et la semaine suivante ou pus tard c'est une autre pétrolière prise au hasard qui subirait le même sort; j'ai l'impression qu'il se passerait quelque chose, que la concurrence se remettrait à jouer (si elle a déjà jouée).

      Il faudrait attention pour ne pas tuer certain petits distributeurs indépendants, sinon à la longue nous ferions le jeu des grosses pétrolières, il doit y avoir moyen de faire correctement.

      Les cartes de crédit et les programmes de fidélisation sont un obstacle à ce genre de boycotte (certains seraient peut-être perdant un temps) mais si à moyen terme cette stratégie face aux pétrolières influence une baisse des prix tout le monde serait gagnant.

  • Gaston Carmichael - Inscrit 23 juillet 2013 09 h 02

    Il faut aussi considérer le cours du baril de pétrole...

    Regardez ce graphique: http://prixdubaril.com/

    Dans les derniers jours, on voit une soudaine augmentation du baril de pétrole.

    Est-ce vraiment le période des vacances de la construction au Québec qui influence le prix international du baril de pétrole?

    • Claude Lafontaine - Abonné 23 juillet 2013 10 h 18

      Faudrait peut-être aussi se poser la question : Qu'est-ce qui fait fluctuer le prix du baril de pétrole ? La concurrence ou les spéculateurs sur cette ressource ?

      Comment expliquer la réduction de l'écart entre le prix du Brent et du WTI survenu au cours des derniers 6 mois ? Avant le Brent était systématiquement 15$ plus cher en moyenne que le WTI, maintenant il est de quelques $ seulement. Je n'ai pas analysé les données mais logiquement avec l'arrivée sur le marché américain de pétrole de schiste en quantité importante j'imagine que ça a dû faire baisser le prix du WTI et parce que les USA ont maintenant du pétrole à revendre ça a dû faire diminuer le prix du Brent que les raffineries de l'Est du Canada sont supposées utiliser massivement (qu'on nous disait, jusqu'à ce qu'après la catastrophe de Lac-Mégantic on nous apprenne qu'il y a du pétrole de schiste qui entre par train à la plus grosse raffinerie au Canada Irving de St-Jean N.B et qu'Ultramar projète de faire la même chose à Lévis, pas eu de nouvelle de Shell à Montréal mais ils doivent faire la même chose).

      Peut-on sérieusement croire que la loi de l'offre et de la demande joue ?