Lettre - Un homme traqué

Nous vivons dans un monde où la reconnaissance n’existe plus, si elle a jamais existé. En effet, un Américain, Edward Snowden, a travaillé pour les services secrets américains du NSA, chargés de surveiller toutes les formes de communication, non seulement sur le territoire américain, mais dans tous les pays du monde, y compris toutes les communications des gouvernements amis ou ennemis. En parlant, Edward Snowden a rendu un immense service à tous les dirigeants du monde, mais il ne pourra pas obtenir le droit d’asile : il n’y a pas de reconnaissance pour ce genre de service qui vaut des milliards.


En 2013, nous vivons encore avec la culture de la période des preux chevaliers, lesquels étaient décapités, pour avoir prévenu le roi, que son Trône était menacé par des armées ennemies qui avançaient vers son Royaume. Tout ça, parce qu’il ne fallait pas faire peur au bon peuple, comme si le fait de ne rien savoir allait arranger les choses. Snowden est un homme honnête, il n’a plus de place nulle part sur cette Terre. Voilà le message livré par la plupart des gouvernements, qui, pourtant, profitent largement des informations dévoilées par Snowden.


Pas surprenant que la collusion, l’intimidation et la corruption aient encore de belles années devant elles. Car tel est le message que l’on transmet à notre jeunesse : Ne suivez pas les traces d’Edward Snowden, vous aurez trop à perdre !



André Mainguy - Longueuil, le 2 juillet 2013

2 commentaires
  • Jean-Robert Primeau - Inscrit 8 juillet 2013 08 h 33

    J'appuie !

    Bien dit, monsieur Mainguy. Si j'en avais les moyens, je l'accueillerais chez moi. Il n'est sûrement pas parfait mais le geste qu'il a posé doit être un modèle pour tous nos jeunes et pour l'ensemble de la population. La dénonciation de gestes illégaux et antidémocratiques est une nécessité pour l'avenir du vivre-ensemble. La paranoïa de la superstructure sécuritaire états-unienne est insensée.
    Bravo pour votre lettre !

  • France Marcotte - Inscrite 8 juillet 2013 08 h 48

    Un citoyen exemplaire

    Je crois que vous avez (encore une fois), monsieur Mainguy, très finement trouvé l'angle fécond par lequel il convient d'aborder cette question.

    Il est très réjouissant (et rassurant) de savoir qu'on a comme concitoyens des gens qui pensent aussi librement que vous, réalisant les associations d'idées qui gardent la réflexion vivante.