Lettre - L’Ordre des ingénieurs et le génie-conseil

Dernièrement, le président de l’Ordre des ingénieurs du Québec (ci-après appelé l’Ordre) annonçait devant de hauts dirigeants de firmes de génie-conseil une initiative basée sur la collaboration visant à rétablir l’intégrité des firmes de génie-conseil par rapport au public. Selon le président de l’Ordre, cette initiative pourrait aussi aider les firmes à se réhabiliter auprès des donneurs d’ouvrage pour leur permettre d’être à nouveau considérées lors des appels d’offres publics. Au cours de cette initiative, une liste non accessible au public dresserait le portrait des firmes de génie-conseil visées par cette initiative.


L’initiative se décline en trois volets, soit l’analyse des codes d’éthique des firmes, la bonification de la formation éthique et des audits sur trois aspects, dont le développement des affaires.


Si cette initiative avait été entreprise par l’Association des ingénieurs-conseils, dont la mission est de promouvoir, servir et protéger les intérêts des firmes de génie-conseil auprès des pouvoirs publics, nous comprendrions. Nous comprendrions notamment que la liste dressant le portrait des firmes ne soit pas accessible au public. Nous comprendrions aussi que la démarche puisse réhabiliter les firmes auprès des pouvoirs publics, sans aveu de culpabilité et surtout sans réparation de dommages auprès des pouvoirs publics ni même auprès de l’ensemble des ingénieurs du Québec, dont la réputation a été ternie par les agissements de plusieurs firmes de génie-conseil.


Mais l’Ordre a pour mission d’assurer la protection du public. Aussi, nous croyons que l’Ordre devrait poser deux conditions préalables aux firmes avant de s’engager dans ce processus qui, somme toute, comporte de bons éléments. La première, l’identification des ingénieurs fautifs par les firmes et la fourniture de la preuve requise pour les sanctionner. La seconde, l’admission publique des firmes de leurs torts et une compensation financière à négocier avec les pouvoirs publics floués. En ce sens, l’Ordre pourrait jouer le rôle de conciliateur entre les pouvoirs publics et les firmes concernées.


L’Ordre doit faire preuve de plus de transparence envers le public. Et pour assurer pleinement la sécurité du public, l’Ordre doit exiger réparation et entière collaboration des firmes de génie-conseil.



Carole Leroux et Michel Gagnon - Respectivement présidente du Syndicat professionnel des ingénieurs d’Hydro-Québec (SPIHQ) et président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), Le 27 juin 2013

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