Lettre - En état de siège climatique

Ce matin, je pars avec mon manteau d’hiver et une tuque pour être confortable. Tempête de pluie et de vent à n’en plus finir. Le chauffage est parti à l’intérieur de la maison. Bloquée depuis des jours et des semaines par un ciel opaque, la lumière du jour s’éteint, le jour est devenu la nuit. Déjà, la moitié de l’été est passée et on ne peut profiter des jours les plus longs de l’année : le ciel reste bouché chaque soir (quatrième soirée de suite ce soir). Les journées de soleil et de chaleur se comptent sur les doigts de la main. On semble plongés dans un état de guerre avec la Terre.


Mauvais film de science-fiction ? Un WorldWar Z où l’apocalypse se vit à petites doses quotidiennes peut-être. En Europe comme en Amérique du Nord, le dérèglement climatique (induit par le réchauffement global) suit son cours, aidé par la fonte des neiges arctiques et la perturbation systémique des courants aériens. Comme toute technologie, celle des énergies aux hydrocarbures (énergies dites thermiques) a son accident spécifique, son côté sombre. Ces modes de production et de consommation provoquent « l’accident général », comme le disait le philosophe Paul Virilio, un accident global qui accompagne une technologie planétaire.


Quand nous réveillerons-nous pour adopter une stratégie énergétique qui ne repose plus sur le pétrole, comme le disait le président Obama dans son discours sur le climat du 25 juin : « Comme président, comme père et comme Américain, je suis ici pour dire que nous devons agir. Je refuse de condamner votre génération et les suivantes à vivre sur une planète qui ne peut plus être réparée. […] Notre stratégie énergétique ne peut pas se résumer uniquement à la production de plus de pétrole […] » ? Faudra-t-il une économie d’urgence, comme lors de la Seconde Guerre mondiale où l’économie mondiale s’est retournée sur un dix cents pour faire la guerre ? Mais il s’agit maintenant de faire la paix avec la planète.

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