Lettre - Un malaise dans la «civilisation universitaire»

Le récent rapport de monsieur Claude Corbo Pour mieux servir la cause universitaire au Québec : Le Conseil national des Universités recommande la création d’un nouvel organisme-conseil. Tout en posant des principes précis, principe de compétence, principe de légitimité, principe d’indépendance, il reconnaît que « Ces membres doivent représenter les principales composantes des communautés universitaires ». Sur la présence de ces composantes, « il est nécessaire que les professeurs soient membres du Conseil », « sans professeurs, il n’y a tout simplement plus d’universités ».


Tout ceci ne peut être remis en cause. Par contre, tout se complique dans la suite, lorsqu’on s’interroge sur les autres catégories professionnelles (chargés de cours, personnel de soutien…). Ne voulant pas, si l’on peut dire transformer le futur Conseil en «chambre corporative», il prévoit la désignation d’une personne « des personnels universitaires autres que les professeurs », ces personnels universitaires occuperaient à tour de rôle une place dans ce Conseil.


Sans méconnaître la place du personnel de soutien, il me semble que le rapport Corbo ne tient pas compte adéquatement de la contribution particulière des personnes chargées de cours. Au niveau de l’institution universitaire, il occupe une place décisive et centrale au niveau de la mission d’enseignement. Cela est connu, notamment, depuis le rapport du Conseil des universités de 1989 «Les chargés de cours dans les universités québécoises» qui a dressé un portrait sur le poids important et essentiel dans cette mission. Or, il me semble que le principe de la nécessité de la présence des professeurs, des étudiants doit s’étendre et faire ainsi une place aux chargés de cours.



Jocelyn Chamard, chargé de cours à la retraite de l’UQAM - Le 28 juin 2013

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