Lettre - Un malaise dans la «civilisation universitaire»

Le récent rapport de monsieur Claude Corbo Pour mieux servir la cause universitaire au Québec : Le Conseil national des Universités recommande la création d’un nouvel organisme-conseil. Tout en posant des principes précis, principe de compétence, principe de légitimité, principe d’indépendance, il reconnaît que « Ces membres doivent représenter les principales composantes des communautés universitaires ». Sur la présence de ces composantes, « il est nécessaire que les professeurs soient membres du Conseil », « sans professeurs, il n’y a tout simplement plus d’universités ».


Tout ceci ne peut être remis en cause. Par contre, tout se complique dans la suite, lorsqu’on s’interroge sur les autres catégories professionnelles (chargés de cours, personnel de soutien…). Ne voulant pas, si l’on peut dire transformer le futur Conseil en «chambre corporative», il prévoit la désignation d’une personne « des personnels universitaires autres que les professeurs », ces personnels universitaires occuperaient à tour de rôle une place dans ce Conseil.


Sans méconnaître la place du personnel de soutien, il me semble que le rapport Corbo ne tient pas compte adéquatement de la contribution particulière des personnes chargées de cours. Au niveau de l’institution universitaire, il occupe une place décisive et centrale au niveau de la mission d’enseignement. Cela est connu, notamment, depuis le rapport du Conseil des universités de 1989 «Les chargés de cours dans les universités québécoises» qui a dressé un portrait sur le poids important et essentiel dans cette mission. Or, il me semble que le principe de la nécessité de la présence des professeurs, des étudiants doit s’étendre et faire ainsi une place aux chargés de cours.



Jocelyn Chamard, chargé de cours à la retraite de l’UQAM - Le 28 juin 2013

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3 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 2 juillet 2013 10 h 20

    Oui aux chargés de cours!

    Les chargés de cours doivent être présents à ce Conseil, ceci relève de l'évidence. Quant à la "civilisation universitaire", je ne l'ai jamais rencontrée quand j'y étais professeur. Mais j'y ai croisé cependant bien des gens avec de gros égos!


    Michel Lebel
    Ancien professeur d'université

    • Jean-Luc - Inscrit 3 juillet 2013 00 h 22


      Je vous y ai maintes fois croisé, en effet, M. Lebel.

  • Richard Laroche - Inscrit 2 juillet 2013 12 h 22

    Pourquoi pas remettre en cause la nature des universités?

    «[...] sans professeurs, il n’y a tout simplement plus d’universités. Tout ceci ne peut être remis en cause.»

    Et si on remettait en cause les universités? Les universités offrent un lucratif service d'enseignement et de recherche, incluant le développement des infrastructures, en même temps qu'elles détiennent le pouvoir d'octroyer un diplôme selon leurs prorpes évaluations et critères. En ce sens, les universités sont juge et parti et seront toujours en proie au corporatisme intrinsèque.

    Il faut séparer enseignement/recherche/infrastructure et évaluation/diplômation en deux organisations indépendantes. Éliminer un défaut de structure, c'est éliminer bien des pirouettes de gouvernance corporative.