Lettre - Acharnement du SPVM envers les cyclistes : répression contre-productive

Depuis peu, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) jette son dévolu sur les cyclistes afin de « diminuer le nombre de cyclistes tués ou blessés » dans la métropole. Or, cette répression est inutile et ce renforcement négatif auquel ils s’adonnent, en blâmant les cyclistes pour le nombre d’accidents, est contre-productif. Pourquoi ne pas se baser sur des modèles comme ceux des Pays-Bas, où le transport à vélo y est sécuritaire et agréable ?


La « culture cycliste » néerlandaise a émergé à la suite de l’application d’une loi de responsabilité stricte. C’est-à-dire que, dans tous les cas d’accidents impliquant un utilisateur de la route vulnérable (cycliste ou piéton), l’automobiliste est tenu pour responsable. Non seulement cette loi protège les cyclistes qui sont bien plus à risque de souffrir d’un accident que les automobilistes, mais elle favorise aussi la courtoisie sur la route.


Aux Pays-Bas, un autre facteur qui contribue à réduire le nombre d’accidents impliquant des cyclistes est le réseau de pistes cyclables, qui est étendu et bien identifié, ce qui rend l’expérience plus agréable et sécuritaire. Au contraire, à Montréal, comme partout ailleurs au Québec, les infrastructures sont insuffisantes, souvent mal pensées, et les cyclistes et piétons ne sont pas priorisés.


Ces détails sont importants pour la sécurité des utilisateurs de la route puisque bien sûr, s’il y avait plus de cyclistes, il y aurait moins d’accidents sur les routes. En effet, lorsque la plupart des automobilistes sont aussi des cyclistes, on remarque un plus grand respect entre les usagers de la route.


Au final, c’est un choix de société. Qui est roi sur la route ? Aux Pays-Bas, ce sont les cyclistes et non les automobilistes. Veut-on encourager ceux qui prennent leur santé en main, en réduisant le bruit et la pollution en ville, ou les réprimer ?



Geneviève Lavoie-Mathieu - Le 27 juin 2013

À voir en vidéo