Lettre - Encore un avenir?

Pauline Marois n’a pas voulu entendre ou comprendre l’invitation à la concertation des partis indépendantistes lancée par le Nouveau Mouvement des Québécois (NMQ) à la veille des dernières élections. Face au gouvernement libéral de Jean Charest accusé de tolérer la corruption depuis des années et intransigeant face au mouvement social des carrés rouges, elle était convaincue de bientôt devenir la première femme premier ministre du Québec.


À la suite d’une élection dont le plus grand mérite aura été de chasser Jean Charest du pouvoir et l’effet secondaire, de permettre au PQ de former un gouvernement minoritaire et provisoire, madame Marois demeure toujours sourde à l’invitation de la Convergence pour assurer l’élection d’une majorité absolue de députés indépendantistes. L’élection venait pourtant de confirmer la justesse de l’analyse du NMQ : le PQ et les partis indépendantistes ont perdu une dizaine de comtés malgré une majorité de votes souverainistes.


Pour la première ministre, le PQ demeure le vaisseau amiral de l’indépendance auquel les autres partis doivent se rallier. Comme le RIN en son temps s’est sabordé en faveur du PQ, ON et QS devraient faire de même aujourd’hui. Mais Pauline Marois n’a ni l’engagement, ni le charisme, ni la force de conviction de René Lévesque, et on cherche encore dans son cabinet les Lazure, Morin, Burns et Laurin. Se rallier à quoi et avec quelle perspective ?


Dans une récente chronique, Michel David a repris la même analyse en faveur de la convergence des forces indépendantistes qui, devant l’intransigeance des partis et au premier chef du PQ, en sont rendues à espérer une défaite de ce parti et un retour aux sources. Madame Marois comprendra-t-elle cette fois ? Elle a réalisé l’objectif personnel de sa vie : devenir premier ministre. Sera-t-elle l’Édith Cresson de la politique québécoise, disparue sans laisser d’autres traces qu’un mauvais souvenir ? […]



André Poupart - Montréal, le 24 juin 2013

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