Lettre - Encore un avenir?

Pauline Marois n’a pas voulu entendre ou comprendre l’invitation à la concertation des partis indépendantistes lancée par le Nouveau Mouvement des Québécois (NMQ) à la veille des dernières élections. Face au gouvernement libéral de Jean Charest accusé de tolérer la corruption depuis des années et intransigeant face au mouvement social des carrés rouges, elle était convaincue de bientôt devenir la première femme premier ministre du Québec.


À la suite d’une élection dont le plus grand mérite aura été de chasser Jean Charest du pouvoir et l’effet secondaire, de permettre au PQ de former un gouvernement minoritaire et provisoire, madame Marois demeure toujours sourde à l’invitation de la Convergence pour assurer l’élection d’une majorité absolue de députés indépendantistes. L’élection venait pourtant de confirmer la justesse de l’analyse du NMQ : le PQ et les partis indépendantistes ont perdu une dizaine de comtés malgré une majorité de votes souverainistes.


Pour la première ministre, le PQ demeure le vaisseau amiral de l’indépendance auquel les autres partis doivent se rallier. Comme le RIN en son temps s’est sabordé en faveur du PQ, ON et QS devraient faire de même aujourd’hui. Mais Pauline Marois n’a ni l’engagement, ni le charisme, ni la force de conviction de René Lévesque, et on cherche encore dans son cabinet les Lazure, Morin, Burns et Laurin. Se rallier à quoi et avec quelle perspective ?


Dans une récente chronique, Michel David a repris la même analyse en faveur de la convergence des forces indépendantistes qui, devant l’intransigeance des partis et au premier chef du PQ, en sont rendues à espérer une défaite de ce parti et un retour aux sources. Madame Marois comprendra-t-elle cette fois ? Elle a réalisé l’objectif personnel de sa vie : devenir premier ministre. Sera-t-elle l’Édith Cresson de la politique québécoise, disparue sans laisser d’autres traces qu’un mauvais souvenir ? […]



André Poupart - Montréal, le 24 juin 2013

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9 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 28 juin 2013 09 h 53

    Qui sait

    «Sera-t-elle l’Édith Cresson de la politique québécoise, disparue sans laisser d’autres traces qu’un mauvais souvenir ? […]»

    Je le crains. Et c'est nous tous et toutes qui écoperont...

  • Nestor Turcotte - Inscrit 28 juin 2013 10 h 41

    Fonction ?

    Pauline Marois n'a ni le charisme ni le leadership pour conduire le Québec à son indépendance. Quelqu'un peut-il l'écrire en grosses lettres sur un pont de Montréal ou sur un édifice public pour qu'elle abandonne la charge de chef d'État.

    Malheureusement, je ne vois personne dans son entourage capable aussi d'assumer cette charge.

    Je verrais Jean-Marie Aussant à la tête du Québec. Mais il a décidé de vivre en famille plutôt que de diriger une famille politique divisée. Et il a bien fait, malgré ses compétences et sa vision claire et nette d'un Québec indépendant.

    • Patrick Boulanger - Abonné 28 juin 2013 11 h 26

      M. Lisée est certainement capable d'assumer cette charge M. Turcotte. Et à mon avis, c'est lui qui va remplacer Mme Marois lorsqu'elle va quitter son poste à la tête du PQ.

  • Richard Laroche - Inscrit 28 juin 2013 13 h 36

    En attendant Godot

    Je souhaite un gouvernement minoritaire aux prochaines élections. Avec des partis oligarchistes assoiffés de pouvoir, c'est la meilleure chose qu'on puisse faire pour aller vers la souveraineté populaire du Québec.

    Par contre, il faut cesser d'attendre des leaders au charisme particulier pour la souveraineté populaire.

    Notre prochain grand leader ne sera pas une personne physique. Ce sera une plateforme de communication. C'est au public à débattre des idées et le rôle des élites et des lobbies est d'éclairer le débât, pas de diriger.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 28 juin 2013 15 h 49

      Si vous croyez que le grand public a envie de débattre de quoi que ce soit, à part les matchs de hockey et "Occupation double" ou "Star Académie", c'est vous qui attendez Godot, mon cher ami...

      Une plateforme de communication sert à... communiquer, pas à diriger.
      Arrêtez de prendre les vessies pour des lanternes.

    • Richard Laroche - Inscrit 28 juin 2013 16 h 22

      Je comprends mal la logique de s'opposer au débat public sur une plateforme de communication, en participant à un débat sur une plateforme de communication.

      J'espère que vous réalisez l'absurdité de votre commentaire.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 28 juin 2013 21 h 20

      Contrairement à ce que vous prétendez, mon commentaire n'a rien d'absurde: je ne suis pas opposé aux débats publics puisque j'y participe moi-même, comme vous l'avez si bien dit. J'ai plutôt affirmé que de tels débats portant sur des sujets le moindrement intellectuels n'attirent pas grand monde en dehors des élites et des groupements d'intérêts (i.e. les "lobbies") dont le but est principalement de faire du "spin" et du "buzz" pour leur camp respectif.

      D'autre part, je vois mal comment un être informatique virtuel pourra remplacer auprès de l'ensemble de la population un leader charismatique qui réussit à cristalliser l'attention autour de sa personne et de son image, aussi superficielle puissent-elles être. On en a la preuve avec Justin Trudeau et Philippe Couillard.


      De toute manière, seules les personnes physiques peuvent se présenter aux élections. Alors le grand leader virtuel se fera encore attendre longtemps.

  • Claude Lafontaine - Abonné 28 juin 2013 21 h 02

    Tant qu'il y a de la vie y'a de l'espoir

    Au Québec il y a un parti clairement fédéraliste (le PLQ) sa vision du futur du Québec est simple : "Laisser les industriels et le marché dicter le chemin" on sait où ça nous mène, mais c'est pas compliqué à comprendre, il y a plein d'acheteurs pour cette formule là et plusieurs groupes de pression pour les appuyer financièrement. C'est un joueur difficile à battre lorsque l'image que le grand public se fait de ce parti se résume à ce que les médias en disent.

    Mais 3 des 5 partis politiques du Qc sont souverainites et le chef du 4 ième (la CAQ) l'est aussi mais les choses n'allant pas assez vite à son goût et a mis cette option de coté pour les 10 ans (il en a 2 de faites). Donc 4 des 5 des chefs des partis politiques au Québec croient fermement que la meilleure option pour le Québec est de sortir de la fédération. Le HIC c'est qu'au lieu de faire front commun pour ce qu'ils considèrent essentiel pour le Québec (l'indépendance) et en agissant de la sorte ils se divisent et se nuisent mutuellement.

    En 1995 50% des québécois on opté pour l'indépendance et on s'est fait volé le référendum, depuis la situation a évoluée, nous avons d'avantage de raisons économiques qui justifient l'indépendance et tout autant de raisons de le faire pour assurer la survie de notre langue et notre culture, nous avons 2 problèmes à surmonter 1) Coordonner nos efforts / tirer dans la même direction comme indépendantistes de tous les partis et 2) Synthétiser et faire passer le message, bien expliquer le projet et ses impacts malgré les messages de désinformation de nos adversaires qui ne cesseront jamais.

    Il est vrai aussi que pour amorcer ce grand virage démocratiquement il faut être au pouvoir et nous avons vu jusqu'à quel point en lui laissant le champ libre le PLQ peut faire reculer le Québec; logiquement le PQ étant au pouvoir il revient aux autres indépendantistes de le supporter, ou aux indépendantistes entre eux de convenir des stratégies pour bloquer les fédéralistes.

  • Hugues St-Pierre - Inscrit 29 juin 2013 10 h 32

    Pour s'unir, il faut le nombre

    La presque décennie du gouvernement du PLQ a redonné aux fédéralistes de l’unité canadienne toute leur influence des années Trudeau. Ils dominent toujours le pouvoir économique. Ils influencent une immigration massive naturellement réfractaire à l’idée de souveraineté du Québec. Ils savent orienter notre jeunesse vers un idéal de "mondialisation" qui dédaigne l'attachement national. Nos aînés peuvent toujours être vulnérables à leurs arguments d’appartenance. De notre part, nous avons laissé passer dans les mailles du filet de l'éducation des familles entières analphabètes fonctionnelles, proie facile aux radios poubelles... et aux grands titres équivoques. On s'étonne d'avoir perdu la masse critique pour voter massivement l'abandon de la dépendance?

    S'unir d'abord, pour présenter une image attrayante, ensuite sortir de l'ombre canadienne pour aller recruter des forces en francophonie mondiale. C'est la mission d'un gouvernement indépendantiste. Même les travailleurs saisonniers mexicains, qui aimeraient immigrer, sont sensibles à notre quête de justice.