Lettre - Montréal, soyons sérieux

Frappant de constater combien de politiciens et de journalistes ne dressent pas d’analogie entre l’état d’esprit actuel de la population, en ce juin 2013, par rapport à celui de 2012, mois pour mois : exaspération totale, urgente envie de changement politique, surtout de leadership.


En 2012, la campagne provinciale, parce que brève, contrairement aux pessimistes prévisions, fut salutaire, quasi thérapeutique : grand intérêt des citoyens, candidats obligés de resserrer leurs propos, fort taux de participation, renouveau politique avec une solide opposition ! On semble avoir oublié cet exemple pourtant très éloquent.


Montréal écimée deux fois ! Laval et Montréal dans le même bateau quant à l’ampleur du système de collusion et de favoritisme ; démission de deux maires en titre. À l’exaspération généralement exprimée par médias interposés s’ajoute l’impatience qu’insufflent les révélations à la commission Charbonneau. L’intérim une fois de plus nécessaire à Montréal, cette fois, dans le contexte où s’effritent des allégeances au sein des partis d’opposition restants, au profit d’une restructuration en vue d’un scrutin. Un autre maire provisoirement, néanmoins un flou qui s’installe et plombe la confiance fragilisée des Montréalais.


Pourquoi a-t-on rejeté aussi rapidement la mise en tutelle ? Pourquoi serait-ce farfelu d’avancer d’un mois la date de scrutin à Montréal et à Laval ? Pourquoi oublier l’exemple de 2012 ?



Carol Patch-Neveu - Montréal, le 20 juin 2013

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