Lettre - Moi, cycliste, je suis un danger public

Les « trappes à tickets » se multiplient à Montréal pour attraper des cyclistes qui commettent des infractions - le plus souvent mineures et sans conséquences - au Code de la sécurité routière. Si quelques-uns sont délinquants ou téméraires, il reste qu’une grande part des comportements qu’on pénalise (alors qu’on pourrait sensibiliser, donner un avertissement) sont dus à des aménagements inexistants ou mal conçus, qui nuisent à la sécurité des cyclistes, en premier lieu, et empêchent un plus juste partage de la rue d’exister entre tous ses utilisateurs.


Maintenant, quand verrons-nous donc des opérations policières pour pincer les automobilistes qui ouvrent leur portière inopinément, sans regarder si la voie est libre ? Avez-vous déjà vu un seul policier donner une amende pour cette infraction ? C’est pourtant l’une des principales causes d’accident entre cyclistes et automobilistes. Guetter les portières est une préoccupation et une source de stress constantes chez les cyclistes, car une seule qui s’ouvre peut leur causer des blessures importantes, voire les tuer.


Or, parce qu’ils n’impliquent pas une automobile en mouvement, ces accidents ne sont pas répertoriés adéquatement, ni même rapportés par le SPVM le plus souvent. L’automobiliste fautif risque une grosse amende d’une cinquantaine de dollars et aucun point d’inaptitude.


Pendant ce temps, la cycliste civilisée et courtoise que je suis (oui, oui) ose souvent tourner à droite à un feu rouge, sans pourtant causer le moindre danger ou irritant pour quiconque. Je risque une amende de 30-50 dollars et trois points d’inaptitude. Je suis un danger public. Et je m’en vais faire du vélo sous des cieux plus cléments aux Pays-Bas, là où le XXIe siècle a commencé depuis longtemps, là où on a compris que les transports écologiques et actifs doivent être vraiment valorisés, et la sacro-sainte domination de la voiture, cesser.

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