Lettre - L’Église et l’enseignement social

Comme catholique engagé, comment dois-je réagir aux écoles et résidences catholiques promises par Mgr Lépine, l’archevêque de Montréal ? (Le Devoir, 10 juin 2013)


Je n’arrive pas facilement à répondre à cette question parce que je ne sais pas si ces institutions promouvront un certain catholicisme conservateur qui se tait sur l’enseignement social de l’Église ou si, au contraire, ces institutions présenteront l’Évangile avec ses exigences sociales et ses jugements critiques sur la vie politique.


Je me méfie un peu de ces éventuelles institutions, car un fort courant conservateur, appuyé jusqu’à tout récemment par Benoît XVI, traverse l’Église actuelle et veut réduire l’engagement social des catholiques à la seule charité, oubliant ses appels à la justice.

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6 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 juin 2013 05 h 57

    La justice ?

    L'Église ne supporte pas la «justice» depuis que celui qui a dit «Aimez-vous les uns les autres » est mort ! Et son nouveau représentant avec son message d'accepter la pauvreté dans l'humilité ne nous en approche pas beaucoup.

    J'y étais dans les années 60 quand on a dit aux «religieux» «Passez votre tour !» Ce n'est pas le moment de les laisser entrer par la porte d'en arrière.

    Quand j'entend parler de laïcité par des prêtres, j'ai l'impression de me faire sermonner par un bandit sur l'honnêteté.

    Comment qu'elle disait ma grand-mère ? «N'écoutes pas ce qu'il dit, regardes ce qu'il fait !»

    C'est drôle, ça s'applique à tous ceux qui sont en charge.

  • Michel Lebel - Abonné 14 juin 2013 06 h 53

    Tendances...

    L'Église a le droit à ses institutions. Personne n'est obligé de les fréquenter! Enfin je doute fort que l'Église dissocie la justice de la charité! C'est contraire à sa doctrine. Il y a plusieurs tendances dans l'Église comme il y a plusieurs demeures dans la maison du Père. Et aucun saint n'est pareil...


    Michel Lebel

  • Gilles Charbonneau - Inscrit 14 juin 2013 08 h 30

    La justice?

    L'Église catholique a été la source des pires exactions tout au long de son histoire, guerre sainte, l'inquisition, la chasse aux sorcières, protection des prêtres pédophiles, etc.

    Et que dire de l'holocauste, que l'Église catholique a refusé de dénoncer suite à une entente avec Mussolini, holocauste qu'elle a refusé de reconnaître durant plus de 50 ans, les juifs ayant bien peu d'importance pour cette organisation pourtant religieuse! Au bout du compte, l'Église catholique a carrément vendu son âme au diable afin de protéger ses acquis.

    Aussi, l'Église catholique a fait en sorte de maintenir les francophones du Québec dans l'ignorance et la pauvreté pendant 400, et ce en freinant note développement économique et culturel à des fins partisanes!

    Le fait francophone n'a pu s'assumer et prendre sa place au Québec seulement après que l'Église catholique ait été chassée de l'état, et je pense que celle-ci ne devrait plus se mêler ni de ce qui est social ni du politique, et se contenter de sauver ce qui reste de son empire au Québec.

    L'Église catholique n'a que faire de la justice, seul son intérêt lui importe.

  • Georges Tissot - Abonné 14 juin 2013 19 h 07

    Théologie?

    Le problème, c'est la mainmise d'une cléricature sur le "peuple de Dieu"(sic). Ainsi, il y a Eglise et église. IL faudrait une "théologie de la mainmise"!

  • William A. Ninacs - Abonné 15 juin 2013 11 h 50

    Pas la charité, mais le partage

    Bonjour Gregory,

    Ton commentaire m’a fait penser à une réflexion que j’ai eue il y a environ 35 ans lors de mon passage du milieu des affaires au mouvement communautaire. Placide Gaboury l’a trouvée suffisamment intéressante pour l’inclure dans son livre Pas la charité, mais le partage (Éditions Québecor, 1997) :

    « Un petit texte de mon enfance m’a dit que la charité est synonyme de l’amour. En réalité, c’est tout à fait le contraire :
    « Alors que la charité donne et oblige l’autre à recevoir, l’amour partage.
    « Alors que la charité est une voie à sens unique, l’amour se manifeste nécessairement par une circulation dans les deux sens.
    « Alors que la charité permet l’anonymat, et permettent parfois même de s’y complaire, l’amour requiert la connaissance mutuelle et souhaite l’intimité.
    « Alors que la charité consacre le rapport de force, l’amour en bénit l’absence.
    « Alors que la charité se veut une police d’assurance d’un paradis futur, l’armoire permet d’y goûter maintenant.
    « Le grand texte du Maître ne nous demande pas d’être charitables envers nos frères et nos sœurs. Il nous demande de les aimer. »

    C’était l’époque où je me promenais avec le nouveau testament et le petit livre rouge de Mao dans ma bourse. Les deux étaient amplement soulignés. Même si je n’étais pas pratiquant ni croyant ni d’un côté, ni de l’autre, c’est deux écrits m’ont guidé dans ma quête pour la justice sociale.

    Bill Ninacs