Lettre - Ici, on est ailleurs

J’ignorais avoir contribué au revampage d’une société d’État. On biffe Radio-Canada et il reste Ici. Mais où sommes-nous ? Quel est l’intérêt de gommer une signature, une marque, un repère, voire un fait accompli ? Cette société d’État qui me fait autant rager que crier au génie a trouvé le moyen de saborder son image de marque. Ils voulaient que tout le monde en parle et ça marche. En parle-t-on pour le bon motif ? J’en doute ! Les blagues simplistes fusent déjà. L’indicatif sera alors ici ICI. Je ris en imaginant cette signature : Joyce Napier Ici, Washington ! Bonjour l’absurdité. Je ne sais pas s’il y a cohésion dans cette future appellation, mais je sens qu’elle est factice, car le blogue d’Infoman la met déjà en pièces.


Non mais, chers bonzes Iciens (m’habituerai-je), où avez-vous la tête ? Qu’on soit séparatiste, fédéraliste ou même pentecôtiste, le label Radio-Canada est fort même plus fort que de simples lettres comme TVA ou V. Pourquoi gommer cette marque qui justement est votre marque ? Dites-vous que vous soyez ICI ou ailleurs, je resterai le dernier des Mohicans qui clamera qu’il écoute À la semaine prochaine à Radio-Canada, Unité 9 à Radio-Canada et même que je consulterai votre site Web de Radio-Canada et que ça vous plaise ou non et je le dirai ici (oups) et partout.


Citoyennes, citoyens, d’ici et d’ailleurs, crions très fort pour conserver ce noble vocable qu’est Radio-Canada, car ici on l’aime comme ça !



Paul-Philippe Paquet, enseignant - Montréal, le 6 juin 2013

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