Lettre - Message au conseil municipal de Québec

Mesdames et Messieurs, membres du conseil municipal de la Ville de Québec, un peu d’humilité s’il vous plaît. Oser prétendre que les citoyens ont trop de pouvoir tient de l’hérésie.


Un règlement de zonage existe afin d’assurer une certaine homogénéité dans le développement d’une ville. Tous les propriétaires fonciers y sont soumis, c’est normal et équitable. Accepter tous les projets des promoteurs équivaudrait finalement à n’avoir aucun règlement de zonage ; ce serait l’anarchie.


Le problème, s’il y en a un, vient du fait que les promoteurs discutent de leurs projets en vase clos avec les fonctionnaires. Ces projets sont ensuite présentés aux élus, qui eux aussi sont influencés par ces mêmes promoteurs. Selon les recommandations des fonctionnaires et le bon jugement des élus, le projet est ensuite voté. Quelques dizaines de personnes, soient-elles conseillers ou conseillères municipaux, peuvent-elles se penser plus brillantes que la population qu’elles doivent pourtant humblement représenter ?


Les promoteurs pourraient-ils se donner la peine d’aller consulter la population qu’ils s’apprêtent à déranger ? Les élus pourraient très bien leur suggérer cette approche. Les élus pourraient aussi se donner la peine de consulter leurs électeurs ; ils ne s’en porteraient que mieux. Il ne faut jamais oublier qu’un conseil municipal n’est pas infaillible et qu’il peut errer parfois.


Un exemple me vient à l’esprit ; jusqu’en 2004, un règlement de la Ville empêchait l’utilisation des tours d’eau pour la climatisation des édifices. Cette interdiction faisait partie du règlement sur l’utilisation de l’eau potable. Le conseil municipal d’alors (37 personnes sur 39) a voté la permission d’utiliser ces équipements. On a connu la suite en 2012 ; rappelons que 180 personnes ont été frappées par la légionellose et que 14 en sont décédées…

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3 commentaires
  • Stéphane Fillion - Inscrit 7 juin 2013 03 h 10

    Nous vous avons élu pour que vous nous écoutiez et non pour que vous nous disiez quoi faire.

    • Michel Beaumont - Inscrit 7 juin 2013 13 h 05

      Alors, à quoi cela donnerait de prendre le chemin extrêment difficile des élections si nous aurons à vous écouter au doigt et à l'oeil ?

      Où est donc votre poids démocratique ?

  • Michel Beaumont - Inscrit 7 juin 2013 07 h 09

    VOUS JOUEZ LA VICTIMISATION !

    Je débuterai par les tours d'eau, il n'y a aucune relation directe entre le fait que 37, 45, 78 ou 126 conseillers votent pour l'utilisation de ces équipements. La responsabilité de l'entretien REVIENT aux propriétaires. Comme dans tout groupe, il y a toujours des gens qui entretiennent mieux que d'autres. Parfois, malheureusement, il y en a qui n'entretiennent pas du tout! Est-ce la faute aux conseillers si des gens ne suivent pas le bon usage ? Est-ce la faute du vendeur d'automobiles si des gens ne font pas le suivi de leur voiture ?

    Par ailleurs, c'est quand même paradoxal de voir un citoyen qui décide soudainement, entre deux périodes de hockey, de bloquer un projet au nom de la démocratie!!!

    Pourtant, le politicien, lui, a décidé d'arrêter de se plaindre dans son salon. Il a pris le bâton du pélerin pour se vendre en cognant aux portes et vanter un programme. Tout cela en composant une équipe de campagne avec les moyens du bord. Ce n'est pas tout ! Il doit en plus passer à travers le tordeur de briguer les suffrages le jour des élections. SA VICTOIRE NE REPRÉSENTE-T-ELLE PAS UN POIDS DÉMOCRATIQUE VALABLE ? ( Si ce n'est pas de la démocratie, je démissionne )

    Le citoyen doit quand même assister aux assemblées de quartier et s'impliquer. ( Vous connaissez le succès d'assistance... de ces rencontres ! )

    Bref, il sarait injuste et stupide d'accorder le même pouvoir à un citoyen qui utilise un raccourci, entre deux périodes de hockey et 4 bières, pour annuler le travail de plusieurs semaines par un politicien qui, selon la démocratie, l'obligeait à passer par le long et difficile chemin des élections.

    Si tel est le cas, cessons les élections, ça presse !