Lettre - L’avortement au Salvador

La même journée qu’est décédé Henry Morgentaler, la Cour suprême du Salvador (dont tous les juges sont des hommes) statuait qu’une jeune femme de 22 ans connue sous le nom de Beatriz ne pouvait mettre fin à une grossesse, même si celle-ci représente un danger pour sa santé, sans faire face à des accusations criminelles pouvant mener jusqu’à 30 ans d’emprisonnement pour meurtre.


Beatriz, qui souffre de lupus et d’insuffisance rénale, porte un foetus anencéphale. Des experts médicaux estiment que le risque que celle-ci meure en couche est élevé et prédisent que l’enfant mourra peu après avoir vu le jour. La Colectiva Feminista, un homologue d’Inter Pares au Salvador, exige du gouvernement de ce petit pays d’Amérique centrale la révocation d’une loi promulguée en 1998 qui interdit tout type d’avortement, loi qui a déjà mené à l’emprisonnement de plus de 600 femmes.


Alors que les femmes salvadoriennes demandent l’accès à des moyens sécuritaires et légaux pour pouvoir mettre fin à des grossesses non désirées, il est essentiel de nous rappeler que la lutte du Dr Morgentaler est loin d’être terminée pour de nombreuses femmes à travers le monde.



Guillaume Charbonneau - Gestionnaire de programme, Amérique latine, Inter Pares, le 30 mai 2013

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6 commentaires
  • Arthur Talon - Abonné 3 juin 2013 09 h 42

    avortement.

    Situation révoltante! Il faut cependant réaliser que les juges ne sont la que pour faire appliquer la loi. Ce ne sont pas eux qui la font. Quelqu'un ne peut-il pas parler un peu aux intégristes bornés qui font de telles lois? N'y aurait-il pas un héritier de Mongentaler dans ce coin du monde?

    Charles Talon md

  • Maxime Dion - Inscrit 3 juin 2013 10 h 42

    Niños de la calle

    Le gouvernement salvadorien devrait plutôt se soucier du sort de la myriade d’enfants de la rue (niños de la calle) qui hante le pays, laissés à eux-mêmes sans parent ni foyer, qui dorment agglutinés comme des bêtes sur les trottoirs et se sustentent de déchets et dont le seul secours se résume à la mendicité et à la prostitution.

    • Sylvain Auclair - Abonné 3 juin 2013 13 h 39

      Quel rapport?

    • Maxime Dion - Inscrit 3 juin 2013 21 h 47

      @Sylvain Auclair

      <<Quel rapport?>>


      Le rapport, le voilà : les autorités salvadoriennes se soucient du sort des fœtus en criminalisant les avortements dans un pays peuplé majoritairement par des gens aux revenus insuffisants, mais paradoxalement ces mêmes autorités laissent les enfants de la rue abandonnés à leur sort.

  • Dominique Beaulieu - Inscrit 3 juin 2013 13 h 43

    L'avortement est un meurtre!

    Ceci étant dit, nous avons là un cas où l'avortement est pleinement justifié.

    • France Marcotte - Inscrite 3 juin 2013 16 h 40

      Vous dites n'importe quoi.

      Si vous allez au bout de votre logique tordue, il faudrait dire que dans certains cas (ou en certains endroits du monde?), le meurtre est justifié.

      Bel arrangement quand on ne veut pas trop se fatiguer à réfléchir.