Lettre - Une grande librairie ferme ses portes

Jour de deuil à Québec. La vénérable Librairie générale française ferme ses portes. C’était l’une des rares véritables librairies littéraires à Québec, plus qu’un simple marchand de livres, un lieu de rencontres et de découvertes littéraires qui aura permis à plus de deux générations de lecteurs et de lectrices de découvrir des poètes, des romanciers, des nouvellistes et des essayistes d’ici et d’ailleurs, souvent de ces livres dont la valeur d’usage dépasse la valeur d’échange, et d’y trouver leur mesure d’être.


Jour de deuil pour ce gaspillage de talent et de passion d’une équipe pour laquelle tenir une librairie ne se limitait pas à vendre des livres, mais une équipe qui partageait des goûts et des découvertes, contribuait à baliser ces espaces de liberté à nul autre pareils. Ils n’avaient pas oublié que le livre représente la plus grande mémoire de la civilisation.


Jour de deuil parce que nous y voyons l’effet conjugué et combien prévisible d’une désaffectation du Vieux-Québec, qui se vide de ses citoyens et, partant, de ses commerces de proximité au profit des échoppes de pacotilles pour touristes, avec une politique du livre que l’on se meurt d’attendre et les effets des lois scélérates et « culturocides » du marché. Quel gâchis !

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