Lettre - L’histoire revue et corrigée par les conservateurs

Quand les conservateurs formaient l’opposition officielle, ils étaient les premiers à dénoncer les incursions des libéraux dans les champs de compétences provinciaux. Et à se poser comme les défenseurs d’un sain fédéralisme.

Or, qu’apprenait-on dernièrement ? Que le gouvernement Harper s’immiscera dans le secteur de l’éducation, qui relève des provinces. Le comité permanent du Patrimoine canadien, à majorité conservatrice, veut savoir comment s’enseigne l’histoire (en particulier certains événements militaires) d’un océan à l’autre. Pourquoi ? Ça, on ne le dit pas.


Si le passé est garant de l’avenir, il y a lieu de s’inquiéter. Les mesures prises par les conservateurs, depuis leur arrivée au pouvoir, ne traduisent pas un amour pur du savoir et de la vérité : compressions en recherche (notamment en histoire !), musellement de scientifiques, désinformation sur certains enjeux environnementaux, etc.


On constate la haute opinion que M. Harper a de l’histoire lorsqu’il refuse de faire la lumière sur les révélations troublantes du livre La bataille de Londres. À ses yeux, le rapatriement de la Constitution de 1982 n’est qu’une « vieille chicane » qui ne mérite plus qu’on en parle. (Je me demande, dans cette optique, comment il faudrait qualifier les tentatives de certains députés conservateurs pour limiter le droit à l’avortement…)


La propagande du gouvernement fédéral entourant la guerre de 1812 laisse présager le genre de programme d’histoire dont il rêve. On a clairement cherché à instrumentaliser l’événement pour faire vibrer la fibre patriotique des Canadiens. Après les cours d’histoire, quelle sera la prochaine cible ? Les cours de sciences, de philosophie, de politique ? Ne nous attendons pas à trop de transparence de la part de M. Harper.

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