Lettre - Le nerf de la guerre

On répète souvent qu’en politique, « l’argent est le nerf de la guerre ». Nous voyons bien ce que ce « nerf » nous a apporté : collusion, corruption, pots-de-vin, gaspillage de fonds publics, chute de confiance en élus.


Une refonte des contributions aux partis politiques s’impose. Dans un monde idéal, les gens verseraient des dons pour encourager les candidats dont ils apprécient le programme. Mais combien de personnes s’intéressent assez à la politique, surtout par les temps qui courent, pour donner des sommes substantielles aux partis ? Combien d’entreprises vont contribuer au financement politique sans espérer des contrats comme récompenses ? Or, les partis ont besoin d’argent pour leur fonctionnement quotidien et pour les campagnes électorales, qui coûtent cher.


Comment en réduire les coûts ? D’abord, cesser de « décorer » les poteaux des affiches d’où nous sourient les candidats. En plus d’épargner, cela aiderait à maintenir un environnement moins polluant et plus esthétique. Puis, diminuer les dépenses publicitaires coûteuses dans les médias. Les médias publics devraient consacrer à tour de rôle du temps d’antenne gratuit aux candidats. Les tournées des candidats dans diverses régions s’avèrent probablement incontournables durant les campagnes provinciales. Toutefois, elles devraient être organisées de façon à minimiser les déplacements ce qui serait moins cher et moins polluant. Finalement, pourquoi ne pas accorder davantage de financement public aux partis au prorata du nombre de votes obtenus ? Cela coûtera cher, dites-vous ? Regardons ce qu’a coûté en pots-de-vin et en « extras » le système actuel. Déjà, l’ensemble de la population se montre cynique envers la politique et s’en désintéresse au détriment de la démocratie. Les gens hésitent à s’engager en politique ; le bénévolat se trouve dévalué, sinon suspect. Les partis auront de plus en plus de difficulté à recruter des candidats de valeur si les collectes de fonds forment la base de l’engagement politique.


Dans l’intérêt de la démocratie, il est urgent que les mesures soient prises pour que l’argent cesse de constituer « le nerf de la guerre » en politique.



Jana Havrankova - Saint-Lambert, le 2 mai 2013

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