Lettre - Go Habs! Go!

Je le dirai d’emblée, je suis fier d’être Québécois. Je suis fier d’être Franco-Canadien. Ce que je veux dire, c’est que je suis fier d’être comme je suis, je ne sais plus comment le faire sans passer pour un fédéraliste ou un indépendantiste. Celle-là, je l’ai sur le cœur depuis longtemps, on ne peut pas être fier au Québec sans appartenir à un groupe ou l’autre. D’accord, parlons-en de l’identité québécoise. Le dernier référendum remontant à mon enfance, je trouve ce débat dépassé, de l’histoire ancienne. Pourrait-on aller chercher 50,1 % cette fois-ci ? Peut-être, mais, comme dirait mon voisin, « who cares ? » Je cherche, depuis le cégep, des arguments pour être, même infiniment, intéressé par le sujet.

Quand mes collègues de classe parlaient de la richesse du Québec, à quel point nous serons riches le jour de l’indépendance, je demeurais sceptique. Lorsque mon père me dit de regarder la commission Charbonneau et de me rendre compte « qu’on se fait fourrer », je lui donne raison, mais, à ce que je sache, les noms Tremblay, Cloutier, Perreault, Trépanier, ce sont tous des noms québécois. Lorsque je vois madame Marois parler de l’identité écossaise comme étant « strange » plutôt que « strong », je me dis que nous avons du travail à faire, amis québécois. Ah oui, un instant, je commande mon assiette de pasta.

En attendant, nous allons chercher une fierté dans une équipe sportive qui porte ironiquement le nom de Canadien de Montréal. Ce que j’aime du hockey, c’est qu’on fait une belle exception dans ce cas-ci. On veut foutre le drapeau canadien aux poubelles de l’Assemblée nationale, mais au centre Bell, il est bien en vue et on chante tous l’hymne national… canadien. Je ne regarde personne avec le nez en l’air, je fais couramment partie de 21 273 paradoxes, amateur des chandails rouges. Attention, mon message n’est pas négatif. J’aimerais qu’on prenne tous un peu de recul, oublions tout le reste, profitons des séries éliminatoires, pensons à la Saint-Jean-Baptiste qui approche. Il ne serait pas fier, le patron des Canadiens français, de nous voir boire et sacrer le soir de sa fête, mais, comme dirait mon voisin…


Jonathan Daoust - Châteauguay, le 1er mai 2013

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