Lettre - Privé et public en santé: fini, le tataouinage!

Un peu plus de privé ici, un peu moins là. On relance régulièrement le débat sur la place du privé dans le domaine des soins de santé. Et des chirurgiens qui exploitent leur business personnelle dans un hôpital public, en escroquant ses ressources, donnent à nouveau l’occasion d’en débattre. Pour essayer d’en finir (belle utopie), je suggère qu’on offre aux citoyens responsables que nous sommes un vrai choix. Suffit, le tataouinage ! Vous croyez au privé ? Pas de problème : pour vous, ce sera privé à 100 % ; bien sûr, vous paierez 100 %, mais n’ayez crainte, votre assureur (privé) vous aidera. Vous préférez le public ? Ce sera public à 100 %. On choisit. Attention ! Il n’y a pas de « revenez-y », ce serait trop facile.

Le principe est simple : comme bénéficiaire (et éventuel patient), vous choisissez le système que vous préférez. Même chose pour tous ceux et celles qui travaillent, à titre de professionnels, dans le domaine de la santé (médecins, infirmières, etc.). Et pas question de chevauchement entre les deux systèmes : on choisit le public, on fait avec ; on choisit le privé, on fait avec itou.


Cette approche règle à la satisfaction des deux camps la question des PPP dans le secteur de la santé. Du côté du privé, ce sera on ne peut plus PPP, privé-privé-privé, et du côté du public, de même : public-public-public. Difficile d’être plus transparent.


Je soupçonne que les soi-disant « lucides », si friands de privé dans toutes les sphères de la société, n’apprécieront guère cette suggestion. Pourquoi ? Parce qu’ils entendent siphonner au maximum les services publics et se servir de leurs privilèges, financiers et autres, pour s’en offrir d’encore meilleurs avec leurs dollars dont ils ne savent pas toujours quoi faire. Facile, oui, pour les plus riches, de s’offrir le meilleur des deux mondes.


Question : si les mieux nantis sont en mesure de sortir de l’argent de leurs poches pour se payer certains soins privés, pourquoi ne seraient-ils pas en mesure de sortir de l’argent de leurs poches pour payer plus d’impôt ? Je prétends que ça contribuerait aussi à désengorger le système public.

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