Lettre - La psyché freudienne, mythe ou réalité?

Dans sa recension de l’autobiographie d’André Lussier, Un psychanalyste dans le siècle, Louis Cornellier déplore avec l’auteur que la psyché ne figure plus dans le discours scientifique de notre époque. Selon Lussier, « c’est tellement plus simple et moins dérangeant émotionnellement quand il n’y a que le physique et le neurophysiologique comme facteurs responsables de tous les maux ». Et Cornellier d’ajouter que cela est « un des principaux aveuglements de notre siècle ».


Dois-je comprendre que la psyché, synonyme de l’âme, doit avoir le même statut ontologique que l’esprit, qui, lui, est désormais abordé en science comme étant la manifestation des activités du cerveau ? Or, n’en déplaise aux nostalgiques de ce monde, un phénomène ou une entité qui n’est pas accessible à la connaissance empirique ne peut faire l’objet d’un discours scientifique. C’est le monde de la foi, quoi. Aussi, tous les efforts de réification de l’âme ont achoppé dans les laboratoires.


Ceux qui veulent parler de l’âme ou de la psyché n’ont qu’à emprunter un des discours métaphoriques que sont la théologie, la psychanalyse, ainsi que l’herméneutique. Ils devront ainsi se contenter d’en appeler à la foi pour justifier leurs dires.


La science, pour sa part, se limite à décrire la réalité en ayant recours à la démonstration par la preuve empirique. Ainsi, elle a détruit une quantité de mythes qui passaient encore récemment pour des vérités. Désormais, la majorité des citoyens des sociétés démocratiques et laïques pense que cela témoigne d’un progrès plutôt que d’un aveuglement.

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