Lettre - Liberté de presse et Offshore Leaks

Au sujet de la protection des sources et des informations des Offshore Leaks, on voit bien de quel côté de la balance se trouvent nos gouvernements et qui ils défendent, quand ils veulent obtenir copie des renseignements des Offshore Leaks.


Certes pas la démocratie, la liberté de la presse ni la moralité publique. J’appuie sans réserve l’ICIJ quand il déclare qu’il n’est pas un bras de la police ni un agent du gouvernement et qu’il ne va pas se soumettre aux diktats des gouvernements de l’aire occidentale exigeant l’identification des utilisateurs de paradis fiscaux. Il vaudrait mieux que l’on décrète des commissions d’enquête publique à ce sujet. La commission Charbonneau, c’est de la petite bière à côté de ça.


Comment, en effet, pouvons-nous faire confiance à la presse « libre » si elle coule ses sources et ses informations aux gouvernements - trop souvent complices des pouvoirs financiers qui les tiennent à la gorge avec leurs taux d’emprunt, qui réclament des coupes dans le social quand ils mettent leur magot à l’abri pour éluder un juste concours au bien commun ? Dans un article paru dans Le Monde du 10 avril 2013 au sujet de « la révolte fiscale des riches », on fait état du principe de l’égalité devant la loi en matière d’impôt, en droite ligne de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen née de la Révolution française : l’article 13 de la Déclaration de 1789 édicte en effet un sage principe fiscal que nous devrions nous faire un devoir moral de respecter : « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. »


Bravo au Devoir de s’en faire aussi notre défenseur du côté de la presse canadienne et québécoise.



Guy Demers - Montréal, le 11 avril 2013

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