Lettre - Une menace pour les sables bitumineux

Les États-Unis sont en train d’inverser le cours de l’histoire des ressources énergétiques. En effet, à la surprise générale, les États-Unis sont en train de produire davantage de pétrole et de gaz que le pays en a besoin. Dans l’est du pays et au Texas, ce sont les gaz de schiste qui volent la vedette, et dans le Nord-Ouest, ce sont le Montana et le Dakota du Nord qui trouvent du pétrole à plusieurs milliers de mètres de profondeur, avec des gisements très importants.

Qu’est-ce que cela veut dire pour le Canada? Tout d’abord, que les investissements dans les sables bitumineux risquent de se tarir, parce que le client du Sud n’aura pas besoin du pétrole canadien, sauf dans l’Est, et peut-être au Texas. L’Alberta et la Saskatchewan ont donc de plus en plus besoin de trouver un chemin pour sortir de l’enclave géographique qui leur impose des contraintes politiques majeures.


Du côté de la Colombie-Britannique, il semble que l’Alberta et les pétrolières se sont fait signifier un refus pour le passage d’un oléoduc sur leur territoire, à moins de partager les profits, ce que refuse l’Alberta. Du côté de l’Est, la première ministre Alison Redford a parlé avec Pauline Marois pour amener le pétrole de l’Alberta vers le Québec et les Maritimes, mais les discussions sont encore au stade exploratoire.


Tout comme la Colombie-Britannique, le Québec a une bonne carte dans son jeu, ce qui devrait faire avancer d’autres dossiers au Canada pour le Québec. Le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, se dit préoccupé par la création d’emplois, il pourra donc compter sur le Québec, à la condition que tout le monde y trouve son compte. Tout le monde « est en affaires » dans ce type de dossier.


Et c’est sans tenir compte que d’ici quelques années, le Québec deviendra un producteur de pétrole et de gaz. À suivre...

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