Lettre - Les sables bitumineux et le bilan québécois de GES

Dans une déclaration récente au Devoir, M. Yves-François Blanchet, le ministre de l’Environnement de la Faune et des Parcs estimait que l’arrivée éventuelle de pétrole tiré des sables bitumineux ne risquait pas de compromettre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec. « Ce n’est pas tellement la source de l’approvisionnement en pétrole qui va faire la différence, ce sont les technologies qu’on utilise », affirmait M. Blanchet au Devoir. « Plus nous serons impliqués dans cette industrie, que ce soit avec nos propres ressources en hydrocarbures ou par nos technologies de raffinage, mieux nous serons en mesure de réduire l’empreinte globale » affirmait-il.

Ce que le ministre semble oublier, c’est qu’en tant que consommateur du pétrole issu des sables bitumineux, nous devenons inévitablement solidaires d’une des catastrophes environnementales les plus marquantes de notre époque.


À ce compte-là, on pourrait importer et consommer n’importe quelle cochonnerie sans se porter responsable de sa fabrication. Et il suffirait que ce bitume soit raffiné au Québec pour qu’il acquière son vernis environnemental ! Ce ne sont certainement pas les technologies de raffinage qui vont changer quoi que ce soit à ce bilan. L’énorme investissement en énergie nécessaire pour extraire un baril de ce pétrole de sa gangue bitumineuse et la destruction de milliers de kilomètres carrés de forêt boréale qui l’accompagne en font déjà un des pétroles les plus sales de l’histoire de cette industrie. Consommer un litre de ce carburant, c’est assumer ces impacts, y compris leur coût environnemental de production de GES.


Quel autre constat le ministre attend-il de l’évaluation environnementale de ce projet d’importation qu’il entend annoncer sous peu ?

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