Lettre - Le patriote Paul Rose

C’est une vérité de La Palice que d’affirmer qu’une des grandes tristesses d’une personne âgée est de voir « son » monde se dépeupler.


Après celles des Gaston Miron, Hélène Pedneault, Louky Bersianik, la mort de Paul Rose est une de celles qui me bouleversent profondément. Je ne m’attendais pas à cette émotion. Non seulement n’ai-je jamais fréquenté Paul Rose, mais je n’ai jamais, ni avant ni après Octobre 1970, milité avec lui, si ce n’est que j’ai pris la parole sur la même tribune que lui, le 16 octobre 2000, au cours d’une assemblée de commémoration du trentième anniversaire de la proclamation de la Loi sur les mesures de guerre.


Je retiens de cette unique rencontre qu’elle fut pour moi une révélation. Je découvrais un homme d’une immense bonté, bonté nourrie à même un tout aussi immense amour de notre nation.


Je lui pardonnai aussitôt son appartenance au FLQ et les actions de ce mouvement qui, avais-je cru à tort, m’avaient valu un emprisonnement de 51 jours, comme si Trudeau et ses sbires avaient puisé les motifs de la répression dans l’action felquiste, alors que c’est le Parti québécois qu’ils visaient. Parti alors porteur du désir d’une grande partie du peuple de se libérer des dominations étrangères tant politiques qu’économiques.


C’est ce joug que Paul Rose a voulu de toutes ses forces secouer. Son action était vouée à l’échec dans un pays où la liberté de parole et d’action n’est pas continuellement brimée par la force, mais elle a été un des moments importants de l’éveil de notre conscience nationale.


Je lui en suis reconnaissante.

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