Lettre - Dérapages

Le moins qu’on puisse dire, c’est que des esprits postmodernes, dont plusieurs journalistes, n’aiment pas le cardinal Ouellet. On a même utilisé à son égard le terme de salopard. Quant à l’intervention ferme et efficace qui a conduit un prélat britannique à la démission, elle inspire ce titre dans La Presse : « Le cardinal Ouellet a-t-il étouffé l’affaire ? » Comme si le cardinal Ouellet n’avait pas justement fait ce qu’il devait.

Dans ce même quotidien, un chroniqueur chevronné déterre le délit de parenté dont serait coupable le cardinal, vu qu’un membre de sa famille s’est comporté de façon inappropriée envers des jeunes. Accusation de délit de parenté qu’une animatrice de télévision s’est aussi évertuée à brandir, laissant supposer que la conduite d’un membre de sa famille portait atteinte à la réputation du cardinal. Délit de parenté qui nous renvoie à des sociétés primitives où on transférait la culpabilité de l’auteur du délit à son entourage. Pour sa part, le caricaturiste du Devoir a produit un dessin d’un goût douteux laissant soupçonner vaguement une forme de voisinage entre le cardinal et des escrocs qui font la manchette. Humour ténébreux qui laisse craindre une baisse de talent et un épuisement de l’imagination.


Même quand elle est journalistique, une calomnie demeure une calomnie. Même quand elle vise un ecclésiastique jugé réactionnaire, elle demeure une calomnie.


À force de s’en prendre injustement au cardinal Ouellet, on le rend sympathique. Au point peut-être de lui ouvrir la voie qui conduit au pontificat suprême. Est-ce cela que souhaitent ses détracteurs ?

5 commentaires
  • Stéphane Laporte - Abonné 12 mars 2013 13 h 01

    D'accord mais...

    Vous avez en partie raison, monsieur, sur le délit de parenté par exemple. Mais j'ajouterais que c'est monsieur Ouellet qui a commencé en premier a déraper. Je suis homosexuel et je suis marié avec un homme et je me suis senti personnellement profondément insulté par ce qu'il disait ou laissait entendre quand il travaillait au Québec. Puis que dire des femmes violées qui voudraient avorter? Rien n'excuse les propos diffamatoires de certains à son endroit, bien sûr, mais lors qu’il faut défendre un homme qui lui-même a beaucoup dérapé, nous pouvons, légitimement, relativer un peu les choses.

  • Michel Lebel - Abonné 12 mars 2013 13 h 16

    Une étrange conclusion!

    Étrange dernier paragraphe où l'auteur semble lui aussi régler ses comptes avec le cardinal Ouellet. À moins que je ne me trompe dans ma compréhension du texte? Étrange!

  • Yvon Bureau - Abonné 12 mars 2013 13 h 17

    Dérapages autres possibles

    Malheureux, ce dérapage, bien sûr.

    Malheureux aussi sont les dérapages possibles à la Curie et au Vatican. Quant aux avoirs. Quant à la gestion. Quant à l’égalité homme-femme. Quant aux problèmes de pédophilie. Quant au manque d'ouverture face à la transformation des valeurs sociales et aux avancées de la science.

    Une question pour vous : pour sa crédibilité l'Église devrait-elle faire le ménage dans son Credo? La très grande majorité des jeunes et aussi plusieurs vieux l'espèrent, pour commencer ou continuer à croire. L'Abbé Pierre disait : une fois que l'on a dit «Je crois en Dieu, Dieu est amour… »

    Quant à la papauté possible pour Mgr Ouellet, mon humble et audacieuse opinion est : s'il était choisi pape, il devrait refuser ce poste pour le bien de l'Église et de son avenir. Disant cela, j'espère ne pas déraper !

    • Dominic Lafrenière - Inscrit 12 mars 2013 21 h 14

      Réponse à la question du Credo: Il est impossible de modifier le Credo. Cette profession de foi qui date du 4e siècle est ce qui défini une Église chrétienne, qu'elle soit l'une des 24 Églises catholiques, une Église orthodoxe, et mêmes les communautées ecclésiales anglicanes, luthériennes, presbytériennes, méthodistes et autres protestantes. Juste l'ajout du filioque chez les latins a conduit l'Église au schisme de 1054. Donc si l'Église catholique touchait au Credo, ce serait un scandale aux yeux des autres chrétiens.

  • Sylvain Auclair - Abonné 13 mars 2013 11 h 44

    Salopard?

    Ce n'est pas un journaliste qui a inclus M. Ouelette parmi les Douze Salopards (nom en français du film Dirty Dozen), mais une association de victimes.