Lettre - Gros mots trop épicés

Dans Le Devoir des 16 et 17 février 2013, on rapporte en première page l’enquête en cours sur la policière Stéfanie Trudeau, qui, le 2 octobre 2012, a aspergé de poivre de cayenne quatre « étudiants inoffensifs » lors d’une manifestation. Naturellement, le traitement infligé à ces étudiants est déplorable, pour ne pas dire répréhensible, mais je voudrais attirer l’attention sur le côté policier de l’affaire et tenter d’en expliquer le contexte. Je reviendrai plus tard sur les mouvements étudiants et les enjeux de la gratuité scolaire.


Mon propos n’est pas de blâmer ou de justifier une partie, mais de montrer combien certaines situations sont difficiles à gérer. Personnellement, je crois que les policiers, pas toujours avec une formation adéquate, exercent un des métiers les plus difficiles qui soient. Ils sont en effet coincés entre les exigences de la population, qui souhaite vivre entourée d’un minimum de sécurité et de tranquillité, et les autorités politiques dont ils dépendent, dirigeants pas toujours expérimentés, mais désireux que la société bénéficie d’un calme suffisant propice à une réélection confortable, sans nécessairement offrir à leurs subordonnés l’exemple constant d’une conduite irréprochable. Quant aux policiers qui auraient modifié leur rapport pour ne pas nuire à leur collègue, je conviens qu’ils se sont montrés cavaliers avec le droit, mais peut-on leur reprocher d’avoir été chevaleresques envers elle ?


Il semble visiblement que madame Trudeau ne soit pas à la place qui lui convient dans un corps policier, ou en l’occurrence dans les tâches qu’on lui a confiées dans le cas présent. Quant aux gros mots échangés lors de ce regrettable incident, je crois qu’il faut passer l’éponge. Si la même mésaventure m’était arrivée, qui sait si je n’aurais pas invectivé mes adversaires en latin, en grec ou en égyptien antique ? Alors : post illa silentium ! - Après tout ça : repos !

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