Lettre - Cours de langue pour tous?

Le gouvernement du PQ maintient la disposition libérale imposant un semestre d’anglais intensif aux jeunes de 6e année du système scolaire francophone. Je n’ai, par ailleurs, jamais entendu parler d’une telle obligation pour les élèves du système scolaire anglophone appelés à vivre un semestre de français intensif en cette même 6e année.


L’enseignement actuel de l’anglais à l’élémentaire francophone n’est pas jugé suffisant pour que les jeunes maîtrisent suffisamment l’anglais ; il faut donc, selon le gouvernement, leur offrir un semestre d’anglais intensif (ces jeunes sont par ailleurs déjà baignés dans un environnement anglophone envahissant). Est-ce qu’on ne pourrait pas penser, en contrepartie, que les jeunes du système anglophone aient, eux aussi, besoin d’un semestre intensif de français (ces jeunes peuvent facilement ne pas parler ou entendre le français, compte tenu, en particulier, de l’attitude répandue chez les francophones de passer rapidement à l’anglais sitôt l’accent « étranger » repéré) ?


Évidemment, les motifs invoqués pour justifier une telle mesure ne sont pas les mêmes. Les jeunes francophones doivent, semble-t-il, maîtriser l’anglais, lingua franca de notre monde, alors que les jeunes anglophones sont déjà baignés dans cette langue dite universelle. À moins d’avis contraire, les jeunes anglophones, eux, sont d’authentiques citoyens du Québec dont la seule langue officielle est le français ; ils devraient donc bien maîtriser la langue nationale. N’y a-t-il pas là une raison suffisante pour que les jeunes anglophones bénéficient, eux aussi, d’un semestre intensif en français ?

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