Lettre - La démission de Benoît XVI

Benoît XVI aura été à la tête de l’Église pendant presque huit ans, une très bonne moyenne pour un pape qu’on disait de transition. L’avenir nous dira jusqu’où il a marqué l’Église, lui qui chaussait des souliers de géant, ceux de son ami Jean-Paul II. Moins médiatique que lui, il a toutefois marqué les esprits par son style discret, plein de douceur et d’humilité. Homme de paix et de dialogue, il a tendu la main aux juifs, aux musulmans et aux jeunes, sans oublier les victimes de sévices sexuels qu’il a rencontrées à plusieurs reprises. La crise de pédophilie qui secoue l’Église aura certainement été l’une de ses plus grandes souffrances. Il a affronté la tourmente en voulant faire la lumière sur cette triste page de l’Église qui n’est pas encore tournée.


Je retiens surtout de Benoît XVI sa foi profonde et son attachement au Christ, lui consacrant trois livres majeurs. Homme de grande intelligence, sa pensée était toujours claire, que l’on soit d’accord ou non. Le mot « joie » revient très souvent dans ses textes. Il a voulu servir l’Église du mieux qu’il a pu.


Il y aura donc un nouveau pape à Pâques et durant les prochaines Journées mondiales de la jeunesse qui se tiendront au Brésil en juillet 2013. Il ne manque pas de forces créatrices dans l’Église. Je ne m’inquiète pas pour son avenir. C’est vrai qu’elle peut ressembler à une vieille dame qui s’avance lentement dans l’histoire, mais elle a du souffle et du coeur. Elle a traversé tant de crises depuis deux mille ans. L’Esprit Saint saura la conduire dans le monde de ce temps. Pour les catholiques, c’est lui qui inspirera les cardinaux au prochain conclave. Cette vision de foi commande déjà leur prière.


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Jacques Gauthier - Auteur et théologien, Gatineau, le 11 février 2013

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