Lettre - Méfions-nous de ces personnes qui définissent la vertu pour nous!

Deux récentes activités, soit le colloque sur les PPP sociaux, tenu les 31 janvier et 1er février, ainsi que le Forum citoyen de Montréal en vue du Sommet sur l’enseignement supérieur, ont été l’occasion de rappeler qu’il ne faut pas prendre pour argent comptant les concepts qu’on nous livre comme si nous devions nous soumettre à leurs présupposés.


Prenons par exemple le concept de gouvernance, dont j’ai déjà maintes fois parlé. Prétendre qu’une certaine façon de composer les conseils d’administration, de réguler les structures de pouvoir dans une organisation, que cette façon donc soit la bonne juste parce qu’elle correspond aux recommandations de l’Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées, c’est mépriser la volonté des communautés qui pourraient s’exprimer tout autrement. Faisons passer la démocratie avant les principes de « gouvernance ».


Autre exemple : la mobilisation. Les subventions venant des comités de gestion qui administrent les fonds venant de la Fondation Chagnon et du gouvernement québécois (Avenir d’enfant, Québec en forme, Réunir Réussir, Appui) demandent une mobilisation des milieux. Si cette mobilisation consiste à adhérer à des mots d’ordre déjà décidés, elle se fait au service de quoi et de qui ?


Dernier exemple : la qualité. Ça fait des lustres que j’entends parler d’éducation de qualité, mais j’aimerais bien savoir qui définit la qualité. Est-ce que la qualité, c’est la satisfaction du client ? Est-ce que la qualité, c’est la possibilité de comparer les pratiques d’un établissement à l’autre ? Il n’est pas sûr que je veuille de cette qualité-là.


Remettez en question tout ce qu’on vous sert : que ce soit la « saine gestion », la « bonne gouvernance », la « qualité », la « concertation », la « vertu » et j’en passe.


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Francis Lagacé - Le 4 février 2013

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