Lettre - Le rouleau compresseur avance toujours

Flash-back en octobre 2012 : «Moins d’anglais, plus d’histoire», annonçait la ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, un peu après l’élection du nouveau gouvernement. « Mon parti est très critique par rapport à l’idée d’introduire une langue étrangère alors que l’on commence à maîtriser les concepts, la grammaire, la syntaxe et le vocabulaire de sa langue maternelle », expliquait la ministre, qui annonçait que le programme d’anglais intensif serait freiné et que l’anglais en première année, une autre innovation libérale, serait aboli. J’avais applaudi des deux mains, heureux que quelqu’un mette enfin le holà sur une dérive qui était en train de faire de l’anglais, une langue seconde, une, sinon la matière de base du primaire de l’école française québécoise.


Janvier 2013 : les crédits pour l’implantation de l’anglais intensif ont été reconduits en catimini au dernier budget. Dans mon école, on commence à discuter du « réaménagement » (lire : de l’élagage) du dernier cycle du primaire afin de donner de la place (toute la place ?) à l’anglais en sixième année.


Je constate aussi que le ministre Jean-François Lisée en est rendu à faire la promotion de la bilinguisation de la Société de transport de Montréal, un des derniers bastions institutionnels du français sur l’île de Montréal.


Mais que suis-je bête, brillant et fin stratège comme il est, M. Lisée travaille sans doute déjà à trouver des débouchés aux futurs diplômés des programmes d’anglais intensif !


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Frédéric Lacroix - Le 29 janvier 2013

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