Lettre - Triste journée pour les femmes au Québec

La Cour suprême maintient le régime québécois des conjoints de fait !


Voici mon histoire : mon histoire d’amour a duré plus de vingt ans. Après trois ans de vie commune en appartement, mon conjoint de fait achète notre maison (qu’il dit) que, bien entendu, il met à son nom. Très bon manipulateur, il me fait croire que c’est notre maison.


De cette union naissent trois merveilleux enfants ! Ensuite, achat d’un chalet, qui est toujours à son nom, car il ne veut pas me déranger pour la visite chez le notaire, puisque j’allaite notre troisième enfant, mais c’est notre chalet ! Bateaux, motos, etc. suivent !


Il paye les hypothèques (maison 115 000 $, chalet 100 000 $), je paye presque tout le reste et je serai conservatrice ; nourriture (300 $/semaine x 18 ans = 280 800 $), Hydro-Québec (200 $/mois x 18 ans = 40 000 $), Bell Canada (40 $/mois x 18 ans = 8640 $), et tout ce dont les enfants avaient besoin ; (10 000 $/année x 14 ans = 140 000 $), bref, presque tout à part les fameuses hypothèques, et ce, avec preuves à l’appui, donc pour un total de 472 640 $ ! Mais, je n’ai pas droit au patrimoine familial.


Je me suis bien occupée de nos enfants, des besoins de la famille, des courses, des rénovations, de la décoration, des repas, du ménage, à part quelques exceptions, et bien entendu dans les deux résidences.


Finalement, après un peu plus de vingt ans à tenter de garder la famille ensemble (vous épargnant quelques détails) et n’étant plus capable de me faire répéter que je n’étais pas chez moi, je l’ai quitté…


Je suis partie avec presque rien et, malheureusement, à 42 ans, je devais repartir à zéro, comme lorsque je m’étais engagée avec lui !


J’ai tout perdu ! Il n’a jamais rien voulu me donner, car mon argent investi dans notre famille n’avait pas été sur les hypothèques. Pas facile de partir avec vingt ans d’épicerie, de factures d’Hydro, de Bell et d’entretien de la famille et des résidences…


Grâce à mes enfants, ma famille et mes ami(e) s, je survis ! J’aurais préféré vivre avec une décision autre que celle donnée par la Cour suprême !


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Josée, la naïve, Gareau - Gatineau, le 25 janvier 2013

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