Lettre - Quel avenir pour les régions?

La réforme de l’assurance-emploi soulève tout un lot de questionnements et d’insécurité. Qu’adviendra-t-il des pêcheurs ? La pêche étant un travail saisonnier, les travailleurs devront-ils s’expatrier pour aller garnir les rayons de grands magasins ou oeuvrer en restauration ? Et les étudiants occupant présentement ces emplois, souvent à temps partiel, où se retrouveront-ils ? S’agit-il seulement d’un jeu de chaise musicale ? Pour la majorité des pêcheurs, la mer est toute leur vie. Cette réforme témoigne d’un manque de respect et de reconnaissance envers ces professionnels de la mer. Qui donc pourra pêcher dans les eaux canadiennes lorsqu’on aura vidé les régions côtières de leurs forces vives ?


La nouvelle loi des pêches proposée par les conservateurs nous offre peut-être la réponse. Ne permettra-t-elle pas l’achat de permis de pêche par des compagnies sans qu’elles soient obligées d’être propriétaires de bateaux ? Des compagnies étrangères pourront-elles louer des chaluts et venir pêcher dans nos eaux, occuper nos emplois saisonniers, acheter nos permis et nous revendre ensuite nos poissons et nos crustacés ?


Nos agriculteurs doivent recruter des Mexicains pour leurs récoltes. Les capitaines pêcheurs, détenteurs de permis, devront-ils en faire autant pour se trouver des aides-pêcheurs ? Quel manque de vision ! Quelle mauvaise gestion ! Les emplois saisonniers pour les étrangers et l’exil pour les habitants des régions. Depuis plus de trente ans, je contribue à la caisse d’assurance-emploi et je suis scandalisée qu’elle soit utilisée à d’autres fins. De plus, sachez que je suis fière de nos pêcheurs, de nos agriculteurs et de tous ceux qui habitent nos régions et nourrissent la population. C’est pour eux et pour ma qualité de vie que l’assurance-emploi existe. […]

À voir en vidéo