Lettre - L’aide médicale à mourir…

Ma vieille mère s’est cassé la hanche. L’hospitalisation d’urgence, la chirurgie et la voilà branchée. Allergique à plusieurs médicaments, elle faisait des sauts terribles sur son lit. Pauvre maman, 84 ans, souffrante comme ce n’est pas possible et branchée sur je ne sais plus combien de watts. Lors d’une de mes visites, à l’arrivée du médecin soignant, je lui ai demandé si elle avait écrit ses exigences par rapport à la mort, la fameuse procuration générale en cas d’inaptitude. « Oui », a-t-elle répondu. Le médecin s’est approché d’elle et lui a demandé : « Avez-vous vraiment écrit que vous ne vouliez pas d’acharnement thérapeutique ? » « Oui », a-t-elle hurlé du plus fort qu’elle pouvait et avec toute la colère dont elle était encore capable. Son mandat d’inaptitude était chez le notaire. Ce soir-là, à peine avais-je franchi le seuil de ma demeure que le téléphone sonnait pour m’aviser que ma mère était décédée.

Bien d’en avoir une copie chez son notaire, mais le plus important est d’en remettre une copie à un proche en qui nous avons confiance pour que cette personne puisse la remettre aux autorités soignantes. Est-il encore possible de nos jours de laisser agoniser des gens qui sont morts cliniquement ?

J’ai une amie, femme fière comme un paon, maintenant édentée, presque chauve, complètement inconsciente, mère qui ne reconnaît plus ses propres enfants et qui croupit dans une prison qu’on nomme asile ou foyer pour faire plus humain. Nous devrions avoir le droit de ne pas en arriver là.

La maladie de Parkinson et d’autres maux incurables sont sans retour et nous le savons tous. Pourquoi s’acharner à maintenir en vie des personnes dont l’état est jugé désespéré ? Bougez-vous, politiciens. Je ne veux pas en arriver là.

***

Marie-Paule Tremblay - Québec, le 21 janvier 2013

À voir en vidéo