Lettre - Le plus grand

Beaucoup plus tard, alors qu’il s’apprêtait à partir (je l’avais à l’oeil), je me suis approché de lui, un peu timidement, pour lui dire quelques mots. Il me mit immédiatement à l’aise, faisant preuve d’une grande gentillesse. Alors que nous marchions tranquillement jusqu’à sa voiture, j’étais épaté de pouvoir échanger avec lui.


J’avais des choses importantes à lui dire. Que j’avais grandi en l’écoutant à la télé… Que grâce à lui beaucoup de gens, comme moi, s’étaient intéressés à l’athlétisme… Que sa présence et ses reportages aux Jeux olympiques étaient tellement appréciés… Que j’étais désolé du peu de place que Radio-Canada laissait désormais aux sports… Que j’aimais l’écouter les samedis matins… Et, surtout, je le remerciais pour son grand amour de la langue française, notant au passage qu’aucun successeur de sa trempe ne se pointait à l’horizon. Il répondait avec une grande modestie, souriant et blaguant au passage. Mes mots, banals, ceux d’un parfait inconnu, semblaient vraiment l’avoir touché. J’en étais ébahi, lui qui avait reçu tous les honneurs. Avant que nous nous quittions, il me demanda de lui répéter mon nom, comme s’il voulait s’en souvenir. Moi, un admirateur parmi tant d’autres. Lui, le plus grand de son milieu. Non, je n’ai vraiment pas hâte que les Jeux de Sotchi arrivent…

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