Lettre - Pour une vision d’avenir

La démarche de Theresa Spence est mal dirigée : les contrats, traités et autres documents, promesses et déclarations à l’égard des autochtones ne sont pas des documents qui relèvent de la justice et de la légalité. La royauté et le gouverneur général n’ont rien à voir dans ce problème actuel et réel.

Le Canada est un pays souverain qui fait ses propres lois et qui a toute la latitude requise pour les appliquer. À lui donc de régler ses problèmes internes et de reconnaître, comprendre et poser les gestes nécessaires pour rendre habitable son territoire pour toutes les Premières Nations.


Le passé n’est pas en cause, le présent l’est ; le présent avec ses injustices et ses incompréhensions. Beaucoup de préjugés sont à la base de la situation actuelle. Ils perpétuent une image des Autochtones qui en fait des êtres différents, fermés au progrès. En réalité, ils sont comme les autres Canadiens : capables de très belles réalisations lorsque les possibilités de développement leur sont offertes […].


Les gouvernements ont souvent apporté aux Autochtones des solutions apparemment valables, mais inadéquates à la base même. Ces solutions, politiquement utiles, ont servi à démontrer l’inutilité des efforts entrepris pour régler la situation au lieu de constituer des étapes vers de vraies réalisations qui auraient inclus un leadership, de la formation, un accès au commerce, une relocalisation, une sincère confiance mutuelle. C’est malhonnête et pas très honorable de la part d’un État de simplement lancer de l’argent à la tête de problèmes complexes dont on sait que l’essentiel est absent. À nos gouvernants de se comporter en hommes et en femmes d’État pour établir une vision d’avenir qui les honorera lorsque l’histoire décrira leur passage à la tête du Canada, car les Indiens le savent : la terre nous est prêtée, nous ne faisons tous que passer.

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