Lettre - Viol collectif… au Canada

L’Inde n’a pas le monopole des violences faites aux femmes. Toutefois, on pourrait le penser depuis le viol collectif et le meurtre d’une jeune femme en Inde, tant nos médias s’indignent en y allant de généralisations sur la nature violente de la société indienne à des conclusions péremptoires sur son machisme et son laxisme.


Dans ce brouhaha médiatique - et on se demande si ce n’est pas à cause de ce brouhaha -, personne ne parle du viol collectif d’une femme autochtone à Thunder Bay, en Ontario. Pourtant, cette ville, comme d’autres au Canada, a une longue histoire de crimes sexuels violents non résolus contre des femmes autochtones. Deux hommes blancs auraient séquestré la femme de 36 ans qui se rendait au dépanneur le 27 décembre à 21 h ; ils l’auraient conduite à l’extérieur de la ville, l’auraient violée, lui auraient lancé des épithètes racistes et des menaces, tout en disant qu’il fallait mettre fin aux droits des Premières Nations.


Curieux, n’est-ce pas, qu’on n’envoie pas d’équipes de télé et de correspondants à Thunder Bay. Curieux qu’il n’y ait pas de topos savants sur la nature violente du Canada. Curieux que les chroniqueurs n’y aillent pas de leurs observations sur le sexisme et le laxisme du Canada quand il est question du viol de femmes autochtones.


Mais avouons-le : dans ce pays qui ne s’arrête pas de se donner des tapes sur le dos, ça fait du bien de voir les défauts de l’autre.


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Robin Philpot - Le 7 janvier 2013

12 commentaires
  • Annie-Ève Collin - Inscrite 9 janvier 2013 02 h 48

    Il ne faut pas tout mélanger

    L'événement que dénonce l'auteur ne révèle pas du machisme ou du sexisme chez les Canadiens, mais plutôt un racisme éhonté et un manque de considération pour les Autochtones.

    • Jeannot Duchesne - Inscrit 9 janvier 2013 08 h 49

      Le racisme évacuerait le machisme, le sexisme et on aurait à en avoir honte parce que ce serait un simple manque de considération envers les autochtones? Les femmes autochtones ne seraient pas des femmes entières.

      Relisez-vous madame, ça n'a aucun sens ce que vous dites.

      Personne et ni rien ne peut nier, diminuer la gravité et ne pas condamner un viol.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 9 janvier 2013 14 h 48

      Au lieu de me conseiller de me relire, vous devriez me relire, vous : je n'ai écrit nulle part que ce n'était pas condamnable, je n'ai ni nié ni diminué la gravité de ce qui a été fait à cette femme autochtone. J'ai écrit que les problèmes sociaux qui donnent lieu à ce viol ne sont pas les mêmes que ceux qui ont donné lieu au viol collectif en Inde : là bas, on semble dire que c'est un problème de machisme ambiant, ce seraient donc les femmes qui sont visées, alors qu'il m'apparaît que si ce sont toujours des femmes autochtones qui sont victimes dans la région de Thunderbay, c'est que ce ne sont pas les femmes qui sont visées, mais les autochtones.

      Je n'ai certainement pas écrit un SIMPLE manque de considération envers les autochtones, ça voudrait dire que je banalise la chose. Je n'ai pas non plus écrit que les femmes autochtones n'étaient pas des femmes à part entière.

  • Gilles Bousquet - Abonné 9 janvier 2013 06 h 39

    Raisons...

    À Thunder Bay, ils n'étaient que 2 à la place de 6 en Inde et, en présence du "chum de la fille".

    À Thunder Bay, ça ne s'est pas passé dans un autobus en ville et la fille s'en est mieux tirée sans avoir été battue avec une barre de fer, après l'affaire, devenue ainsi plus "spectaculaire", ce qui l'a tuée, après avoir été lancée nue sur le pavé avec son ami aussi dénudé...en ville.

    Si ce qui s'est passé en Inde s'était passé, à répétition, dans les transports en commun à Montréal, ça aurait probablement donné le même genre de protestations.

    • François Ricard - Inscrit 9 janvier 2013 08 h 56

      Alors, selon vous, un viol est moins grave s'il est commis par deux hommes plutôt que six?
      Et, toujours selon vous, un viol est moins grave si l'on n'a pas, en sus, battue à mort la femme impliquée?
      Et, enfin selon vous, un viol est moins grave s'il n'est pas commis en présence du compagnon de la violée?
      Et un viol est moins grave à Thunder Bay qu'à Montréal?
      J'ai connu, je connais toujours, une femme qui a été violée. Elle était seule avec son agresseur. Je puis vous dire que cette attaque perverse l'a marquée profondément pour la vie.
      Un viol est un viol. Quelque soit l'endroit; quelque soit le nombre d'agresseurs.

    • Jeannot Duchesne - Inscrit 9 janvier 2013 09 h 01

      Je suis stupéfait de lire un tel commentaire.

      À Montréal, il faudrait que ça se passe à répétition dans le transport en commun, en présence de l'ami de la violée, lui-même dénudé et qu'on achève la victime à coup de barre de fer pour que ça devienne révoltant aussi spectaculaire qu'en Inde. C'est quoi le nombre minimum de violeurs pour que ce soit aussi spectaculaire et qu'on parle d'un vrai viol?

      Monsieur, c'est le moins qu.on puisse dire, vous avez tout un sens du spectacle.

    • Jean Guy Nadeau - Abonné 9 janvier 2013 10 h 33

      @ Ricard et Duchesne. J'avais eu l'impresion queBousquet parlait de la médiatisation de ces viols. Pas de leur gravité.

  • François Ricard - Inscrit 9 janvier 2013 06 h 51

    Première nouvelle

    J'essaie de me garder au courant tous les jours.
    J'avoue que c'est la première fois que je lis quelque chose au sujet de ce viol.

    • Loraine King - Inscrite 9 janvier 2013 09 h 30

      La CBC a couvert la nouvelle à plusieurs reprises, mais c'est à peu près tout. Ce n'est pas surprenant. Ce genre de violence et de racisme envers les autochtones est fréquent et toujours caché. Même parmi les députés aux communes on retrouve des gens qui ont des idées plutôt étonnantes sur les peuples autochtones. N'oublions pas qu'il y a un nombre disproportionné d'autochtones dans les prisons canadiennes.

  • Isabelle Gélinas - Inscrite 9 janvier 2013 08 h 43

    Question culturelle, ou pas?

    M. Philpot, vous avez toujours le brûlot aussi facile...

    Je vous invite à lire ceci, d'abord, et à pousser un peu plus vos recherches.

    http://www.ledevoir.com/opinion/blogues/l-inde-dan

    L'événement que vous relatez est terrible, mais je ne crois pas qu'il fasse partie de notre identité au même titre où l'inégalité des hommes et des femmes est inscrite dans la culture indienne.

  • Sylvain Auclair - Abonné 9 janvier 2013 09 h 40

    D'autres questions

    Les passants ont-ils refusé de l'aider quand elle gisait nue dans la rue?
    Les policiers ont-ils discutaillé de juridiction avant d'intervenir?
    Une fois au poste de police, lui a-t-on conseillé de laisser tomber sa plainte et d'épouser son agresseur? Ces deux premières choses ont eu lieu dans le cas du viol dont on parle tant, et la troisième arrive tous les jours en Inde.

    Oui, il y a des viols et des meurtres au Canada, mais j'ose croire qu'on les prend plus au sérieux qu'en Inde.