Lettre - L’Inde, le viol et les valeurs religieuses

J’ai toujours pensé, comme Occidental qui n’a jamais visité l’Inde, que ce pays était un havre de paix entre les hommes et les femmes. Je me suis toujours dit que si on a une telle tolérance pour les vaches qui circulent librement, même dans les villes, ce n’est pas possible qu’il n’y ait pas un véritable amour entre personnes de sexe différent. Je pensais que cette culture s’étendait à toutes les couches de la société.


Je me souviens des paroles du mahatma Gandhi, un homme vénéré par le peuple de l’Inde, de son vivant : Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.


Au début de l’an 2013, je découvre avec stupeur que le viol des femmes est monnaie courante en Inde et qu’il est rarement rapporté, et encore moins sanctionné, parce que les hommes de pouvoir cachent cette réalité et que pour la femme, c’est une honte que de dévoiler qu’elle a été violée. Cette culture n’est pas propre à l’Inde, on la retrouve dans plusieurs pays. Dans la société québécoise, on a réagi de la même manière qu’en Inde pendant longtemps, et la femme devait se soumettre à l’homme. Partout, cette soumission était et est toujours soutenue par les dirigeants de toutes les religions dominées par des hommes.


Le viol d’une extrême violence commis par six hommes dans un bus en Inde vient de faire basculer l’opinion publique. Désormais, il n’y aura plus de tolérance de la part des Indiens et Indiennes devant la violence sexuelle faite aux femmes. Le fait que le chauffeur du bus a participé au viol et tenté d’écraser la victime sous les roues du véhicule qu’il conduisait est certainement l’élément le plus marquant de cette sauvage agression.


Je ne veux pas juger l’Inde, mais je constate des faits qui ne doivent plus être cachés, quel que soit le rang de l’auteur d’un tel crime, ni dans quelque pays que ce soit.


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André Mainguy - Longueuil, le 3 janvier 2013

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