Lettre - Hommage à Jovette Marchessault

J’ai connu Jovette Marchessault en 1966, grande lectrice, végétarienne, employée des éditions Grolier. Je ne l’ai plus quittée du temps où elle habitait encore Montréal. J’ai continué à lire ses oeuvres et à voir son théâtre lorsqu’elle est partie vivre à la campagne. Elle n’en pouvait plus de « la vie névrosée de Montréal », où pourtant elle était née.

Écrivaine, peintre et sculptrice, elle était une femme excessive. Je l’aimais pour l’ensemble de ses qualités, elle qui était démesurée en tout.


On ne peut imaginer un être qui tranchait autant sur le contexte de la société québécoise. Autodidacte, elle cultivait une ferveur à l’égard des arts qu’elle pratiquait. Rien n’était équivalent à l’art dont, par ailleurs, elle n’a jamais fait une religion.


Si le mot inspiration a un sens, Jovette Marchessault, en quête de créations lyriques et symboliques, recherchait ses inspirations foudroyantes à travers des oeuvres classiques contemporaines. Elle était une écrivaine de premier plan quant à la force et à l’exigence de son langage.


Elle élisait souvent la forme du discours, choisissait la voix théâtrale, créait des mythes. Elle voyait grand.