Lettre - D’une pierre deux coups

Depuis 1978, une entente de réciprocité universitaire lie la France et le Québec. Selon les termes de l’entente, les Québécois qui étudient à l’université en France paient les mêmes droits de scolarité que les Français et vice-versa. Si le nombre de Québécois qui vont étudier en France stagne à environ un millier par année depuis longtemps, le nombre de Français qui viennent étudier au Québec est en augmentation constante : depuis 2006, ce nombre a augmenté de 37 % pour atteindre 8798 étudiants à temps plein à l’automne 2010 (derniers chiffres disponibles du MELS). Or, de ce nombre, une bonne proportion choisit d’étudier dans les universités anglaises du Québec, se payant ainsi le rêve américain à un prix défiant toute concurrence. Ainsi, à l’automne 2012, McGill accueillait à elle seule 1161 Français.


Afin de répondre aux termes de l’entente, chacun de ces étudiants est donc subventionné à la hauteur d’une dizaine de milliers de dollars par année par le gouvernement du Québec, ce qui représente la rondelette somme de 20 millions pour les Français étudiant à McGill et Concordia, somme qui augmente d’environ 10 % par année. Il tombe sous le sens que payer pour l’anglicisation de milliers de jeunes Français constitue un détournement majeur de l’esprit de l’accord Québec-France. Surtout à l’heure où le budget de l’État implose et où nos universités doivent se soumettre à d’importantes coupes budgétaires. Il est temps de revoir les termes de l’entente pour corriger ce qui constitue une flagrante aberration. Une telle révision de l’entente nous ferait économiser beaucoup d’argent tout en donnant un petit coup de frein à l’anglicisation de Montréal.

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1 commentaire
  • Yvan Dutil - Inscrit 21 décembre 2012 06 h 44

    Aussi en Europe

    En Europe du nord, les cours se donnent de plus en plus en anglais. Les anglais traversent la Manche pour étudier au Pays-Bas, car c'est beaucoup moins cher que chez eux. L'Italie vient de tomber dans ce camp.

    Pour ce qui est du peu d'étudiants québécois allant en France. Hormis, les très élitistes Grandes Écoles, nos institutions sont meilleures que les leurs. Il n'y a donc rien d'étonnant.