Lettre - La chasse aux cyclistes d’hiver est ouverte

Suite à la lettre d’opinion parue dans Le Devoir du 17 décembre 2012 ainsi qu’à l’agression sauvage de Florent Daudens à Montréal relatée par le journaliste Alain Gravel, plusieurs cyclistes déplorent la violence dont ils sont victimes. Comme chaque année, la chasse au cycliste d’hiver vient de s’ouvrir. Nous affirmons que la violence, tant verbale que physique, n’a pas sa place entre les usagers de la route.


Malgré les préjugés, la pratique du vélo utilitaire en hiver reste en constante progression à Montréal (la Ville de Montréal a enregistré 138 910 passages sur les pistes cyclables de décembre 2010 à mars 2011). Bien que plus présents, les vélos ne forment pas une masse suffisante pour ralentir de façon marquée la circulation. Laisser entendre, comme c’est trop souvent le cas, que les cyclistes gênent les autres véhicules nous donne plus d’importance que nécessaire. C’est une combinaison de facteurs qui alourdit la circulation. Montrer du doigt les cyclistes, c’est faire fausse route.


Puisque le nombre de cyclistes hivernaux est destiné à s’accroître avec le temps, nous espérons que les pouvoirs publics entendront nos demandes régulières pour de meilleures infrastructures, notamment un véritable réseau cyclable d’hiver. D’ailleurs, plutôt que de s’en prendre aux cyclistes, les opposants actuels devraient eux aussi demander la mise en place d’infrastructures correctes permettant un meilleur partage de la route et d’une réflexion pour prendre en compte ce mode de transport alternatif.


Au plaisir de nous croiser sur les routes !


***

Mathieu Séguin et autres - Le 17 décembre 2012

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12 commentaires
  • alain petel - Inscrit 19 décembre 2012 05 h 46

    Les piétons aussi

    Quant à abolir les vélos l'hiver, j'abolirais les piétons aussi. Ces gens-là retardent la circulation automobile à cause du transport public beaucoup trop lent pour les ramasser; ils compliquent la vie aux petits bombardiers qui nettoient les trottoirs. Non, ces gens-là, les piétons, ils attrapent le rhume en se mouillant les pieds dans les immenses lacs formés au coin des rues, coûtent cher au système de santé. Ils nous engueulent quand on les arrose de gadoue en plus... Non, ils sont insupportables, moi je les abolirais les piétons. Franchement, ils se prennent pour qui ?

  • André Boulanger - Inscrit 19 décembre 2012 10 h 21

    Les pistes de stationnement ralentissent le trafic aussi.

    Le marquage au sol d'une bande cyclable sur chaque rue, aussi restreinte soit-elle, m'apparait comme la solution pour rappeler aux automobilistes que le code de la route n'est pas que le code du char. ;0)

  • Jean Richard - Abonné 19 décembre 2012 10 h 52

    Les Grands-Lacs ne sont pas tous en Ontario

    Chasse aux cyclistes ou chasse aux piétons ?

    S'il existe des téléphones et des compteurs “intelligents”, les trottoirs portant le même qualificatif restent encore à inventer. Est-ce parce que l'intelligence fait défaut à ceux qui conçoivent chaussées et trottoir, est-ce qu'on répond à une demande des pouvoirs publics pour qui les piétons ne sont pas rentables parce qu'il n'y a pas de gobe-sous pour eux, ou sommes-nous victimes d'une dérive culturelle qui fait de la marche à pied un état très temporaire entre une voiture et un édifice ?

    Hier, 18 décembre, il a neigé, puis la neige a tourné à la pluie, temps doux oblige. Être piéton dans ces circonstances, c'est participer à une course à obstacles. Les principaux éléments de l'épreuve : trottoirs trop inclinés et mal déglacés, monticules de neige laissés par les automobilistes qui se sont creusés un trou pour y garer leur bagnole et surtout, les grands-lacs à au moins trois intersections sur quatre.

    Il faut être totalement ignorant de la réalité (ou au contraire il faut vouloir faire la vie dure aux piétons) pour continuer à construire des trottoirs avec des points bas aux intersections. Comment ne pas voir qu'à chaque averse le moindrement abondante en été ou à chaque bordée de neige par temps doux en hiver, il se crée aux intersections des lacs dont la profondeur peut facilement atteindre 15 centimètres (obligeant les piétons à traverser ailleurs qu'aux intersections - et les flics viendront nous faire la morale) ? Comment ne pas voir qu'un trottoir trop incliné (souvent pour laisser passer les voitures) est un piège sérieux lorsqu'il se recouvre de glace ?

    Qui conçoit ces piètres aménagements pour piétons ? Le problème étant identique à Québec, on pourrait deviner la réponse.

  • Julie Boyer - Inscrite 19 décembre 2012 11 h 41

    merci

    En ces temps de confrontation, d'agressivité et d'intimidation, nous avons besoin de plus d'opinions posées et rassembleuses comme ce court billet refraîchissant. Je suis une cycliste assidue - mais pas l'hiver encore! - et que je sois en voiture, en vélo ou à pied, je tente de respecter tous mes concitoyens en me conformant aux règles de sécurité et du code de la route. Il me semble que ce serait simple de vivre ensemble - de se partager l'espace urbain en harmonie. merci pour ce court billet.

  • Raymond Roy - Inscrit 19 décembre 2012 13 h 06

    LES BECICLES...

    Quand 2 ou 3 cyclistes se feront tuer,allez-vous réclamer l'interdiction des autos dans les rues?

    • Magali Bebronne - Abonnée 19 décembre 2012 15 h 29

      Des cyclistes se font tuer dans les rues de Montréal tous les ans, dont une bonne proportion sur des pistes cyclables, alors qu'ils respectaient le code de la route scrupuleusement. Et pourtant personne n'a demandé à bannir les autos.
      Il faut arrêter de voir tout noir ou tout blanc, mais c'est précisément ce que font ceux qui affirment, sans aucune nuance, que "en hiver, on ne peut pas faire de vélo". Sans égard aux vraies conditions sur la route, qui sont majoritairement tout à fait praticables.
      Reste que s'il y a un type de véhicule qui est dangereux, c'est bien la voiture, et que par conséquent, ce sont les automobilistes qui ont un plus grand devoir de prudence vis-à-vis des autres usagers, compte tenu de leur capacité de nuisance/dommage.

    • Claude Boivin - Inscrit 19 décembre 2012 16 h 04

      On pourrait commencer par interdire les automobilistes dangereux. Ça désengorgerait une bonne partie des rues.