Lettre - Professeur au Québec

Je suis professeur dans une université québécoise et j’en suis fier. Comme leurs collègues à travers le monde, les professeurs québécois enseignent et font de la recherche 12 mois par année. Ils forment ainsi des étudiants aux trois cycles universitaires. De plus, ils procurent de nombreux services à la communauté en contribuant, entre autres, à transmettre une expertise à la fine pointe dans les divers domaines d’intérêt de la société ; à créer, attirer ou maintenir de nombreux organismes à but non lucratif et industries dans leur région et à organiser divers colloques internationaux qui amènent au Québec de nombreux chercheurs provenant des quatre coins de la planète. Ils contribuent à leur manière au progrès et au rayonnement international du Québec.


Je suis fier de tout cela, mais je m’inquiète de noter que, par exemple, nous étions 22 professeurs dans mon département en 1998 et que maintenant, nous ne sommes plus que 17. Nos responsabilités augmentent sans cesse, les divers financements ne sont plus à la hauteur et nous suffisons à peine à la tâche. Si rien ne change, c’est clairement toute la société québécoise qui sera pénalisée. Je suis toujours professeur dans une université québécoise, mais je suis attristé et découragé de voir le sort que l’on réserve aux universités et organismes subventionnaires québécois.


***

Mario Leclerc - Université Laval, le 17 décembre 2012

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2 commentaires
  • claude dulac - Inscrit 19 décembre 2012 04 h 35

    Avons-nous les moyens de dépenser 478 millions pour former des étrangers?

    Avons-nous les moyens de dépenser 478 millions pour former des étrangers soit 17000 universitaires canadiens hors-Québec?

    une cohorte de 5 ans donnent 85,000 universitaires.

    En facturant 29682$ pour les étudiants étrangers notre coût ils se scolariseront en Alberta, en Ontario ...Pour un universitaire Québécois, il en coûte 30,000$ à york ,Ontario et 35,000$ à Harvard. pourquoi nous enlever des ressources à nous?

  • Raymond Turgeon - Inscrit 20 décembre 2012 16 h 00

    Une tendance lourde

    D'abord, je crois que soit par négligence, soit pour ne pas remettre en question la pertinence de leur idéologie, nos élus négligent trop souvent votre expertise.
    Ce ne sera qu'une maigre consolation mais même en conservant votre salaire, vous peineriez à survivre dans le contexte actuel de l'enseignement au secondaire.
    Enfin, je constate avec un grand désarroi que nos élus sont dépourvus de créativité dans la recherche de moyens pour financer l'éducation.
    Aussi, un courage politique sincère et plus assidu permettrait d'écarter certains obstacles ennuyeux qui compromettent la flexibilité et l'ouverture, des outils indispensables à toute évolution.

    Raymond Turgeon