Lettre - Armes et larmes

Dans notre société nord-américaine dite civilisée, nous exigeons de suivre la trace du moindre morceau de viande, à partir de l’animal abattu jusque dans notre assiette, pour nous protéger de toute maladie.

Dans cette même société, nous ne voulons pas savoir ce que deviennent les personnes qui, dès l’école, éprouvent des difficultés à vivre et, plus tard, faute de ressources et de soutien de notre part, sombrent dans le désespoir et la folie. Dans cette même société, nous refusons de connaître le cheminement d’une arme à feu, à partir de son lieu de fabrication jusque dans les mains de celui qui, un jour, n’hésite pas à s’en servir pour donner la mort à de jeunes enfants.


Alors qu’on met de nouveau à l’avant-plan le débat entre ceux qui considèrent comme un droit fondamental le fait de porter une arme et ceux qui prônent l’enregistrement des armes à feu, ne faudrait-il pas plutôt diriger le projecteur un peu plus en amont, vers ceux qui fabriquent les armes ou en font le commerce ? Ne serait-il pas temps de prendre conscience de ceux à qui le crime profite ?


Une arme à feu est un outil d’exception dont la production et la vente pourraient et devraient être rigoureusement contrôlées par les États civilisés, dans la mesure où ils veulent le faire. Ces États possèdent tous les moyens leur permettant d’assurer que la possession d’une arme à feu par un citoyen ou une entreprise soit systématiquement documentée et enregistrée, et qu’elle devrait toujours être justifiée par l’usage que son détenteur a besoin d’en faire et sa capacité à l’utiliser à bon escient et à la ranger en tout temps de façon sécuritaire.

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