Lettre - Ici, maintenant et à jamais

Ce n’est pas que je m’y fasse, à cette phobie de l’histoire, à cette adoration de « l’instant présent » et de l’intuition infuse de nos trajectoires. Mais, bon, je ne suis plus étonné que, comme plusieurs l’ont fait remarquer, nous avancions dans l’histoire avec une brutalité débonnaire, prenant soin d’arracher les jalons que nous dépassons. Ni renversé que nous effacions même des pans entiers de notre patrimoine culturel. Comme si le pays cheminait dans une perpétuelle bourrasque, soufflant nos traces. Mais, là, j’avoue que je me suis fait surprendre par le 2-22. On ne laissera pas de traces, mais de la documentation sur une traînée éphémère.

J’éprouve un profond malaise face à ce détournement du 1 % traditionnellement voué à créer du patrimoine artistique. Déjà que le passé n’avait pas de futur, voilà qu’on ne veut même plus créer de futur passé. On devra se contenter d’un ici, moi, maintenant et à jamais. Le tout sur un ton festif bien documenté.

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