Lettre - Prendre l’oseille et s’en tirer

Comme l’écrit Christian Rioux dans sa chronique (Prends l’oseille et tire-toi !, Le Devoir du vendredi 14 décembre 2012), Jacques Villeneuve et Gérard Depardieu — qui ont choisi de quitter leur pays pour échapper à l’impôt — ne sont heureusement pas représentatifs de leur classe sociale. Ils le sont cependant d’une attitude fort répandue dans la population.

Qui d’entre nous, en effet, ne cherche pas à économiser à la moindre occasion, quels que soient l’impact et les conséquences sociales de ce geste ? Quel fonctionnaire plus ou moins grassement rémunéré par l’État — à même les taxes et les impôts auxquels tous ses concitoyens contribuent — hésite à traverser la frontière et à aller acheter à des entreprises étrangères parce qu’il lui en coûte moins cher ? Quel citoyen choisit d’aller magasiner chez le marchand du coin plutôt que dans le magasin de la grande chaîne ? Accepteriez-vous de payer plus de 10 % de plus pour pouvoir mettre la main sur des produits faits au pays ? Si nous n’y prenons garde, nous nous retrouvons bien vite du côté de ceux qui prennent l’oseille et se tirent. N’est-ce pas d’ailleurs ce à quoi on nous convie tous les jours ?

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2 commentaires
  • Albert Nsamirizi - Inscrit 17 décembre 2012 08 h 02

    Nuance!

    Qu'un simple contribuable de revenu moyen essaie son maximum pour bénéficier de crédit d'impôts n'est d'aucune commune mesure avec un millionnaire dont tous les besoins matériels sont LARGEMENT comblés. Surtout que les millions qu'on lui retire servent à partager la richesse parmi ceux qui l'ont enrichi en allant voir ses films.

  • Jacques Boulanger - Inscrit 21 décembre 2012 15 h 47

    Les animaux malades de la peste

    À vous lire, on croirait que l'âne est aussi coupable que le lion ! Vous devriez relire cette fable de Lafontaine. En passant, je me souviens de Jacques Villeneuve faisant la morale aux carrées rouges sur leur manque de civisme. Eh bien! Comme quoi l'oseille et le jugement ne vont pas nécessairement de pair.