Lettre - Le travail au noir, est-ce payant?

Depuis la venue sur terre du dieu argent, avec la société de consommation, plus rien n’a d’importance si ce n’est la fructification de son pactole. Les valeurs inculquées par nos parents, l’honnêteté entre autres, ont été balancées par-dessus bord. Autrefois, le moi disparaissait devant la collectivité, la corvée en étant un bel exemple. Aujourd’hui, je détourne le regard de ceux qui crient à l’injustice et je m’observe le nombril pour y engranger ce que je puis enlever aux autres.


La fierté d’être un bon citoyen a-t-elle encore un sens ? Ne suis-je pas plutôt reconnu, apprécié et applaudi quand je proclame que j’ai « fourré » le système ? Des tapes dans le dos, des encouragements à récidiver, tel est le lot des travailleurs de l’ombre.


Malheureusement, nous sommes tous perdants en valorisant ces individus indignes d’être appelés d’honnêtes citoyens. Cet argent non perçu par les gouvernements vient limiter ou réduire les services de santé et d’éducation, ou carrément en faire disparaître d’autres, et contribue à l’appauvrissement du Québec en entier.


Le travail au noir : c’est une « mafia » individualiste, inorganisée, mais elle sape et tue aussi implacablement que sa grande soeur. Le Québec a besoin des bras, du coeur et de l’intelligence de toutes les forces vives de la nation pour construire un monde plus vrai, plus juste, plus humain.


Sommes-nous capables de nous regarder dans une glace sans baisser les yeux ?

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15 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 7 novembre 2012 07 h 52

    Les valeurs

    «Les valeurs inculquées par nos parents ...». Un nombre insoupçonné de parents inculquent à leurs enfants des valeurs de malhonnêteté et de mépris des lois.
    Tous ces gens corrompus et autres bandits patentés ont eu un père et une mère.

  • Denis Miron - Inscrit 7 novembre 2012 07 h 53

    Très d'accord avec vous... à quelques nuances près

    «Sommes-nous capables de nous regarder dans une glace sans baisser les yeux ?»
    Cette question pourrait être posée à Jean Charest ainsi que les instances du parti libéral pour son salaire caché de 75.000$ qu’il a reçu de son parti alors qu’il était premier ministre.Chose certaine, cela n’a pas eu l’air de le déranger plus qu’il faut dans sa relation avec sa propre image dans le miroir.
    Pour les bénéficiaires de l’assistance sociale, il n’y a souvent aucune autre option pour arrondir les fins de mois…question de survie…mais pour d’autre tel que J.Charest-parti libéral, ils ne sont pas dans la survie.(question de cupidité)
    Quant à moi, je reformulerais votre titre de lettre et je le remplacerais par :«l’argent au noir». Il me semble que cela engloberait beaucoup plus de monde et une somme d’argent beaucoup plus importante à récupérer de la part du gouvernement, si on inclus l’évasion fiscale vers les paradis fiscaux de nos grandes banques et du monde des affaires Statistique Canada Entre 2003 et 2008, les sommes d’argent canadien investies à l’étranger dans les paradis fiscaux sont passées de 94 milliards de dollars à 146 milliards de dollars, selon une étude de Statistique Canada rendu publique cet automne.

  • Robert Henri - Inscrit 7 novembre 2012 08 h 22

    Payant ou pas

    Il y a le travail au noir «organisé». Ces gens qui s'enrichissent en travaillant au noir. Particulièrement en construction et en rénovation. Travail nuisible et haïssable nocif pour la société et contre le devoir de solidartité que nous avons toutes et tous en omettant de payyer impôts et souvent taxes aussi. Il y a le travail au noir reservé aux personnes les plus démunies qui travaillent en malades pour quasiment rien. Ce travail conne déneiger des entrées ou des toîtures pour quelques dollars. Ce travail qui ne profite qu'à ceux qui engagent. Il ne faudrait pas confondre les deux.

    • Albert Descôteaux - Inscrit 7 novembre 2012 15 h 44

      L'évasion fiscale, peu importe les causes et les personnes qui la pratiquent, demeure dommageable pour l'économie et la santé des finances publiques.
      Les femmes/hommes de ménage sont en très grand nombre payé(e)s sous la table. À $100-$150 la demi-journée, ça fait beaucoup de sous à la fin de l'année. Libre d'impôt, ça représente un salaire de $70,000-$90,000 par année avant déductions. Pas mal, non? Malhonnête, oui!

  • Peter Kavanagh - Inscrit 7 novembre 2012 08 h 27

    Quand on voit ce que le gouvernement (peu importe le parti au pouvoir) fait avec l'argent qu'il nous prend, il est comprehensible que le travail au noir existe. On est les plus imposer et taxer en amerique du nord et malgré tout, il en manque toujours. La majorité du travail au noir disparaitra quand les gens aurons l'impression que la province est bien administré et que le gouvernement ne dépense pas plus qu'il gagne. Personnelement, je fais ce que je peux pour garder mon argent dans mes poches et en donné le moins possible au gouvernement.

    • Albert Descôteaux - Inscrit 7 novembre 2012 15 h 38

      Vous voulez en donner le moins possible au gouvernement, alors j'imagine que vous faites de votre mieux pour utiliser le moins possible les services offerts par le gouvernement (et payés par ceux qui paient leurs taxes et impôts...).

  • Jean-Yves Arès - Abonné 7 novembre 2012 08 h 33

    On voie bien ce que l’on veut voir m. Roy.

    Votre plaidoyer qui se veut plus propre que propre baigne pourtant dans des eaux très grises…

    Ce que vous appelez péjorativement le dieu argent semble pourtant exercer un attrait certain sur vous puisqu’à la fin vous déplorez surtout de ne pas pourvoir mettre la main sur cet argent déifié via l’industrie étatique de l’éducation et de la santé. Je vous soumets que si votre soucie en était vraiment un de justice et d’équité sur ce sujet de l’évasion fiscale vous auriez plutôt fait valoir que ce que certains réussissent a évité d’autres doivent le payer en surplus. Et donc que la recherche de la justice et de l’équité commande plutôt de réduire ce surplus a payé pour compenser l’évasion de certains.

    On retrouve la même distorsion du sens des mots et des bonnes intentions dans le ressent discours sur les ressources naturelles que l’on présente comme «appartenant a tous» et ainsi créer comme un droit de propriété a chacun des citoyens sur ces ressources, pour tout de suite réclamer plus d’argent sur la vente de cette propriété partagée. Mais là s’arrête le discours, la s’arrête «la propriété partagée par tous». Le discours ne prévoit absolument pas la distribution de la vente de nos ressources a chacun des citoyens de ce pays mais bien de remettre tout ce fric déifié que dans les poches des employés de nos fonctions publiques.

    Car voyez vous monsieur Roy on peut aussi considérer que la négociation des conditions de travail dédiées dans nos fonctions publique est bien loin des objectifs de construction d’un monde plus vrai, plus juste et plus humain. Que ces négociations et ses négociateurs placent le fric sur le même piédestal et font une véritable obsession à son sujet.

    • Pierre Vaillancourt - Abonné 7 novembre 2012 21 h 59

      Je trouve que vous dites un peu n'importe quoi, monsieur Arès. Vous faites quoi dans la vie au juste, d'où tirez-vous vos revenus, combien gagnez-vous, vos revenus sont-ils déclarés ?

      Pour écrire ce que vous écrivez, pour critiquer ainsi la fonction publique, l'éducation et la santé, je pense qu'il faut accepter de mettre cartes sur table.

      Les salaires des gens de la fonction publique sont connus de tous, ce sont des informations du domaine public. J'ai 59 ans, je travaille depuis l'âge de 24 ans, de mémoire, en enseignement. Je gagne 72 000$ par année et je considère que je les mérite totalement et que ce salaire n'est pas du tout exagéré à la veille de ma retraite : il m'a fallu des années de dévouement à la tâche avant d'en arriver là.

      Je paie mes impôts et je trouve important de le faire, car je souhaite que nous ayons de bonnes écoles, de bons hôpitaux, de bonnes routes et un gouvernement qui a les moyens de faire des études environnementales avant d'accepter n'importe quelle bêtise.

      Et vous ? Au-delà de votre critique qui me semble facile et questionnable, où vous situez-vous dans tout cela ?

      La parole est à vous, monsieur.

      Allons-y pour une discussion courageuse.