Lettre - Le travail au noir, est-ce payant?

Depuis la venue sur terre du dieu argent, avec la société de consommation, plus rien n’a d’importance si ce n’est la fructification de son pactole. Les valeurs inculquées par nos parents, l’honnêteté entre autres, ont été balancées par-dessus bord. Autrefois, le moi disparaissait devant la collectivité, la corvée en étant un bel exemple. Aujourd’hui, je détourne le regard de ceux qui crient à l’injustice et je m’observe le nombril pour y engranger ce que je puis enlever aux autres.


La fierté d’être un bon citoyen a-t-elle encore un sens ? Ne suis-je pas plutôt reconnu, apprécié et applaudi quand je proclame que j’ai « fourré » le système ? Des tapes dans le dos, des encouragements à récidiver, tel est le lot des travailleurs de l’ombre.


Malheureusement, nous sommes tous perdants en valorisant ces individus indignes d’être appelés d’honnêtes citoyens. Cet argent non perçu par les gouvernements vient limiter ou réduire les services de santé et d’éducation, ou carrément en faire disparaître d’autres, et contribue à l’appauvrissement du Québec en entier.


Le travail au noir : c’est une « mafia » individualiste, inorganisée, mais elle sape et tue aussi implacablement que sa grande soeur. Le Québec a besoin des bras, du coeur et de l’intelligence de toutes les forces vives de la nation pour construire un monde plus vrai, plus juste, plus humain.


Sommes-nous capables de nous regarder dans une glace sans baisser les yeux ?

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