Lettre - L’histoire de l’enseignement de l’histoire au Québec

Monsieur Loyola Leroux,


Dans votre lettre publiée le 17 octobre, vous posez des questions très pertinentes d’autant que curieusement, à l’instar du cordonnier mal chaussé, les enseignants d’histoire, les historiens, voire les dirigeants du système d’éducation se sont peu penchés sur l’histoire de l’enseignement de l’histoire et, en particulier, sur celle de l’histoire nationale.

C’est pour répondre au genre de questions que vous posez qu’avec le concours de quelques-uns de mes collègues, nous avons entrepris de rédiger une histoire de l’enseignement de l’histoire nationale à l’école québécoise.


Le résultat de nos recherches et de nos analyses se retrouve dans un ouvrage que les éditions du Septentrion viennent de publier sous le titre L’histoire nationale à l’école québécoise. Regards sur deux siècles d’enseignement.


Nous espérons que cet ouvrage répondra à vos questions et contribuera à situer dans le débat sur l’enseignement de l’histoire nationale.

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10 commentaires
  • Gilles Bousquet - Abonné 20 octobre 2012 12 h 08

    C'est le futur qui intéresse la majorité

    L'histoire intéresse, comme un conte, les intéressés mais pas tous. Que ce soit l'histoire sainte, celle de l'Allemagne ou celle du Canada incluant celle du Québec, nous avons plein de livres à la bibliothèque pour ceux que ça intéresse.

    À l'école, il serait bon d'enseigner ce qui va nous servir dans la vie pour gagner notre pain quotidien : L'économie, les langues françaises et anglaises, les mathématiques, les technologies, les emplois futurs, l'environnement, la géographie, pour les voyages et les spécialités, le climat etc..

    Fait que l'histoire, la majorité s'en fout royalement sauf pour une très courte aperçue qui pourrait donner le gout d'aller plus loin sur Internet ou à la bibliothèque.

    • Denis Beausoleil - Abonné 20 octobre 2012 15 h 55

      M. Bousquet, à mon sens vous avez tout faux. L'histoire est hyper importante pour construire l'avenir, je croyais que tous savaient ça.
      O. Lessard

    • David Boudreau - Inscrit 21 octobre 2012 12 h 10

      Votre intervention M. Bousquet me fait penser à un passage extrait de «La pauvreté dans l'abondance de Keynes» lorsque celui-ci constate que l'ignorance des auteurs qui ont fait l'histoire : « Nous n'avons pas lu ces auteurs; et nous considérerions leurs arguments comme absudes, s'ils venaient à tomber sous nos yeux. Néanmoins, nous ne penserions pas, j'imagine, comme nous le faisons, si Hobbes, Locke, Hume, Rousseau, Paley, Adam Smith, Bentham et Miss Martineau n'avaient pas pensé et écrit comme ils l'ont fait. Une étude de l'histoire de l'opinion est un préliminaire nécessaire à l'émancipation de l'esprit. Je ne sais pas ce qui rend un homme plus conservateur: ne connaître rien que le présent, ou rien que le passé»

  • Loyola Leroux - Abonné 20 octobre 2012 18 h 07

    L'histoire pour l'élite

    Permettez moi monsieur Bousquet de vous répondre en attaquant l’un des mythes fondateurs de notre nation québécoise : L’amour du pauvre, bien expliqué par Jean Larose dans son livre.
    Les grandes sociétés humaines ont été dirigées par des grands hommes. Ce fut le cas des civilisations égyptienne, grecque, romaine, chinoise, indienne et occidentale. Ces civilisations n’étaient en fait que des peuples bien gouvernées qui ont influencé leurs contemporains. Leur classe dirigeante était instruite, connaissait son histoire et pour les occidentaux parlait grec et latin, comme pour les Pères de la Constitution américaine. Ce fut le cas au Québec jusqu’en 1967. Les médecins connaissaient l’étymologie des noms de maladies, surtout grecs et les avocats possédaient le vocabulaire latin qui est à la base du Code Napoléon.
    Avec la Révolution tranquille, tout s’effondre pour la formation des élites. Pov-Ti-Pit ne peut apprendre le latin. Trop difficile. Qu’à cela ne tienne. Il faut bannir les matières complexes. Il faut niveler par le bas. A l’heure actuelle, nous atteignons l’asthénosphère, et nous continuons à descendre, nos pédagogos étant de grands géologues.
    Il est vrai que les écoles techniques sont les grandes gagnantes de la création des cégeps. Il faut connaitre leur situation académique avant 1967. Mais la formation générale est la grande perdante. Les collèges classiques formaient des citoyens cultivés. Je discutais récemment avec un évêque québécois agé de 60 ans, donc formé par les Polyvalentes et les cégeps, qui me disait qu’il était le premier évêque catholique en 2000 ans d’histoire, qui ne parlait pas latin.
    Je vous comprends. Que le peuple ne désire pas s’initier à la culture fondamentale cela fait partie de la vie. Que l’ensemble des humais refuse de faire des efforts pour se former est dans l’ordre des choses. Mais pourquoi empêcher notre élite d’etre formée d’une manière adéquate ?
    Entre L’amour du pauvre et l’amour de l’homme cultivé, mon choix est fait.

  • Gilles Bousquet - Abonné 20 octobre 2012 21 h 13

    Il faut de tout, de tout

    pour faire un monde, des historiens, des mathématiciens, des ingénieurs, des bâtisseurs. Des intellectuels et des manœuvres, des chiâleux. des positifs et des serviles, tout, tout, tout, des brunes, des blondes, des grands pour le basket et des petits pour la formule 1.

    Nous n'avons pas besoin d'apprendre le cinéma à l'école pour apprécier un bon film, ni d'apprendre la musique pour l'écouter et bien l’apprécier. L’histoire varie, selon le point de vue de chacun.

    Demain, dimanche, le 21 octobre, dévoilement de la statue de Papineau à 11h15 AM à St-Denis-sur-Richelieu. Certains voient nos Patriotes comme des héros pendant que d’autres les voient comme des irréalistes dont la révolution, mal préparée, ont servi à faire souffrir, déporter, pendre et bruler les fermes du peuple qu’ils voulaient aider.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 21 octobre 2012 14 h 06

      Votre pragmatisme primaire et réducteur ne tient jamais compte du potentiel des êtres humains à aspirer à mieux, à améliorer leur condition d'humains et à combattre l'injustice ou la discrimination.
      Ça prend évidemment du courage et de la conviction pour se tenir debout, et ne rien faire par crainte de représailles ne résoud pas grand chose et ne contribue certainement pas à faire évoluer les choses pour le mieux.

      Raymond Turgeon

    • Pierre Laliberte - Abonné 22 octobre 2012 13 h 34

      Il n'y a bien juste qu'au Québec où l'on puisse faire un commentaire aussi bizarre... Si je suis bien votre raisonnement, l'histoire serait une question de conviction personnelle, comme la religion. Rien n'est plus faux.

      L'histoire c'est la soupe qui donne un sens à une collectivité, c'est notre "histoire de famille" commune. Avoir des interprétations différentes des évènements passés qui ont formé notre présent fait effectivement partie de la normalité des choses. Mais pour avoir des différences, il faut tout de même avoir un narratif de référence... Voilà à quoi s'attellent les historiens.

      À vous suivre, l'histoire n'est qu'une question de choix de loisir à laquelle une minorité choisira (ou pas) de s'intéresser. Un genre de self-service où les récits bibliques auraient autant d'intérêt que le reste tant qu'à y être.

      Bien que vous sembliez intellectuellement éveillé, je vous trouve bien endormi sur cet enjeu.

      Pierre Laliberté

  • Gilles Bousquet - Abonné 21 octobre 2012 15 h 47

    @ M. Turgeon

    Vous soulignez le "potentiel des êtres humains à aspirer à mieux "

    Mieux sur quoi exactement ?

    • Raymond Turgeon - Inscrit 22 octobre 2012 14 h 11

      À mieux que le sort réducteur que vous sembler vouloir confiner notre société, voire l'humanité.

      RT

  • Claude Paradis - Abonné 21 octobre 2012 19 h 49

    Relire Fernand Dumont

    Pour répondre à M. Bousquet, qui semble vouloir faire de l'ignorance le socle de la société de demain, je citerai un ouvrage exceptionnel et très simple du regretté sociologue Fernand Dumont. Les passages sont tirés d'un petit ouvrage paru chez Nuit Blanche éditeur en 1995 et intitulé L'AVENIR DE LA MÉMOIRE. "La culture est [...] un héritage. Voilà en quoi elle pose, comme enjeu primordial, le problème de la mémoire." Plus loin dans cet ouvrage, Dumont écrivait ceci, qui m'apparaît à ce point fondamental que je n'y ajouterai aucun commentaire: "Certes, la littérature, l'art, la philosophie, la science suggèrent déjà à l'élève l'impression qu'au-delà de ce qui initie à la pratique d'un métier existe ce qui est indispensable à la joie de l'esprit. Sans doute aussi faut-il restaurer l'enseignement de l'histoire à tous les paliers du système d'enseignement [écrit en 1995, je disais]; alors qu'on s'inquiète de la qualité de la langue que parlent et écrivent les jeunes, on devrait se soucier tout autant de l'amnésie qui les guette."