Lettre - L’é(É)tat des faits

«N’ayons pas peur des mots : nous avons assisté, sous les libéraux, à une tentative pour réécrire le passé en effaçant d’un trait les pages qui nous définissent comme peuple différent.» Ma réplique, sans peur des mots : le PQ s’amuse-t-il à rendre carrément la monnaie de sa pièce au gouvernement précédent ? Pile ou face ?


Incroyable que, dans la libre opinion de Mme Lachance parue dans l’édition du Devoir de la fin de semaine et dans laquelle ressort l’extrait cité d’entrée de jeu, on ne retrouve pas le substantif « objectivité ». Indéniablement, c’est sur ce principe fondamental que doivent être guidés, sur le fond, les jalons de l’enseignement, et non par une récupération un tantinet politique et un sentiment de frustration certaine de l’état de la situation, pour l’historienne et écrivaine !


Le but d’enseigner l’histoire ne se limite pas à nous définir comme « peuple différent », mais plutôt à enrichir les jeunes culturellement en exposant les faits, les tenants et aboutissants de l’histoire en général, et en particulier l’histoire québécoise : des Patriotes de 1837-1838, en passant par les référendums de 1980 et 1995 et les accords mutuels entre le Québec et la France de l’ancien premier ministre Jean Charest.


Est-il (vraiment) possible, dans l’enseignement de l’histoire, d’éviter de tomber dans le prosélytisme, dogmatisme au profit de « simplement » enseigner, discuter et échanger avec les jeunes sur les faits marquants de notre histoire, de celle des autres nations, et ce, avec objectivité sachant que la politique n’est jamais loin ? J’aimerais ne pas devoir jouer à pile ou face…


***
 

Martin Bilodeau - Lévis, le 14 octobre 2012

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2 commentaires
  • Kevin Charron - Inscrit 16 octobre 2012 10 h 17

    L'Histoire, peu importe les conséquences politiques.

    Le PQ s'est planté dans son opération de communication en mêlant histoire et souveraineté.

    Apprendre l'histoire nationale du Québec est primordial, non pas parce que cela avantage la cause souverainiste, mais bien parce que c'est notre histoire nationale. Point final.

    Mme Malavoy aurait dû se limiter à la valeur pédagogique de l'enseignement de l'Histoire nationale et ne pas parler de souveraineté.

    Mais, effectivement, dans son discours, le PQ semble vouloir remettre la monnaie de sa pièce au PLQ qui a volontairement effacé l'histoire nationale du programme d'éducation.

    L'Histoire nationale du Québec avantage la cause souverainiste, au grand dam des fédéralistes. Mais ce n'est pas une raison d'effacer l'histoire.

    L'Histoire nationale et la la question nationale doit revenir dans le programme d'éducation du Ministère peu importe ces conséquences politiques. C'est une nécessité démocratique et civique.

  • Jonathan Prud'homme - Abonné 16 octobre 2012 17 h 25

    Important de savoir que sous le gouvernement précédent, les jeunes du secondaire graduaient sans savoir qui sont les patriotes ou qu'il y avait des anglais parmi eux, sans savoir que Louis Riel a existé, sans savoir que les acadiens ont été déportés. Ça c'est réécrire l'histoire.

    Madame Malavoy propose de remettre cela dans les cours.
    Moi, je dis Bravo !