Lettre - La Suisse de Jarislowsky

Après l’Institut économique de Montréal qui comparait notre système de santé public avec celui du modèle helvétique, c’est au tour de M. Stephen A. Jarislowsky de nous vanter les mérites de la Suisse.

Le richissime donneur de leçons ne s’encombre pas des nombreuses nuances et réalités qui distinguent notre province de l’État helvétique. Il s’agit pour l’essentiel d’un modèle qui permet à notre avisé commentateur de pourfendre le Québec dans le dossier linguistique et de profiter de l’occasion pour s’en prendre aux nuisances des syndicats, au fardeau fiscal et à la pauvreté de notre savoir économique.


Le Québec n’est pas la Suisse, comme il le dit si bien. Heureusement, car il ne faudrait pas oublier que ce petit pays neutre est le refuge des fraudeurs et des dictateurs qui profitent de son précieux système bancaire. La Suisse est également un des pays les plus sévères et les plus fermés en ce qui regarde l’immigration. Un étranger doit attendre douze ans avant d’obtenir son passeport suisse. Les lois sur l’immigration y sont discriminatoires, surtout pour les immigrants qui ne sont pas issus de l’Union européenne (UE). Ceux-ci sont tenus d’obtenir un emploi avant de faire une demande d’immigration, et l’emploi obtenu ne doit pas pouvoir être occupé par un citoyen suisse ou un citoyen de l’UE. On imagine aisément les catégories d’emploi réservées aux demandeurs les moins fortunés.


Peu de pays peuvent soutenir la comparaison avec le modèle helvétique, et ce modèle ne peut évidemment pas être reproduit à l’échelle mondiale, ce qui est sans aucun doute une très bonne chose quand on a la sagesse et la franchise de l’examiner dans son ensemble. Ses qualités font certes des envieux, mais ses défauts sont loin d’être négligeables. Pour ce qui est de la vision et des ambitions de M. Jarislowsky, il semble bien qu’elles ne sont pas partagées par l’ensemble des Québécois. J’aimerais bien d’ailleurs qu’il nous instruise de sa contribution à la société québécoise, pas seulement comme contribuable (votre déclaration de revenus, cher ami !), mais également comme créateur de richesses et d’innovations. En ce qui me concerne, c’est bien la seule manière de légitimer ses nombreuses et précieuses interventions.


 
16 commentaires
  • Denise Lauzon - Inscrite 1 octobre 2012 03 h 55

    Paradis fiscaux

    J'ai l'impression - pour ne pas dire la certitude - que tous les pays, dont la Suisse, considérés comme des paradis fiscaux ont une économie qui se porte assez bien. En ce sens, ces pays "hors-la-loi" ne peuvent pas être comparés aux autres qui sont privés, dans bien des cas, de milliards de $$$$$ parce que des gens sans scrupule et sans conscience sociale placent leur argent dans ces paradis fiscaux. Dans un reportage sur le sujet, présenté à R-C, il y a quelques années, un expert estimait à l2,000 milliards de dollars l'argent placé dans ces paradis fiscaux.

    Il est grand temps que des experts en économie, provenant de différents pays, se penchent sur les problèmes engendrés par les paradis fiscaux et en arrivent à mettre au point des stratégies communes pour faire échec à ce système. Un pays ne peut agir seul. Il faut l'union de plusieurs pays pour espérer arriver à des résultats concrets.

    Comme vous M. Jean Riopel, je me questionne sur la contribution de M. Jarislowsky à la société québécois. Où place-t-il sa fortune? Déclaration de revenus???? Oui on aimerait bien voir les chiffres. J'ai l'impression que ce monsieur doit avoir un très bon conseiller financier.

  • François Dugal - Inscrit 1 octobre 2012 07 h 58

    CH

    Dans la Confédération Helvétique, il y a quatre langues officielles, dont aucune n'est l'anglais!
    1- Le français, région de Genève et Lausanne
    2- L'italien, région de Lugano
    3- Le suisse-allemand, région de Zurich
    4- Le romanche, canton des Grisons
    En plus, il y a souvent des référendums sur des sujets des plus divers.
    Déménagez-vous, monsieur Jarislowsky?

  • Philippe Stephenson - Inscrit 1 octobre 2012 08 h 21

    Précisions, SVP

    Si je comprends bien votre argument (dans la mesure où vous en présentez un), c'est que la Suisse peut se permettre son système de santé parce qu'on n'y n'admet pas beaucoup d'immigrants de pays non-européens. Serait-ce donc la faute des immigrants non-européens au Québec qu'on ne peut pas se permettre un système de santé comme celui de la Suisse?

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 octobre 2012 09 h 44

      Relisez l'article sans y chercher une quelconque xénophobie Monsieur Stephenson. Monsieur Riopel ne fait que comparer le fermeture de la Suisse à l'ouverture du Québec face à l'immigration. Ne vous en déplaise le Québec a une tradition d'accueil aux réfugiés comme nulle part ailleurs au Canada...

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 octobre 2012 15 h 15

      C'est vrai M.Bédard, on a qu'à penser aux coupures de Charest dans les COFI.... Il reste que l'immigration reste en grande partie le fief du fédéral.

  • Marcel Marquis - Inscrit 1 octobre 2012 08 h 30

    Donneur de leçons?

    S'attaquer au messager quand le message vous déplait, c'est trop facile. Et ridicule quand il s'agit d'un québécois comme M. Jarilowski. Votre contribution à la société québécoise vaut-elle la sienne? Là n'est pas la question. Contentez-vous de réfuter ses arguments, si vous le pouvez, sans attaque personnelle mesquine!

  • Christian Tremblay - Inscrit 1 octobre 2012 08 h 48

    Bien d'accord...

    Un simple commentaire sur votre lettre Monsieur Riopel: bien d'accord avec vous, et vous posez les bonnes questions! Augmenter un tout petit peu l'impôt des riches (impôt santé) ne veut pas dire que les riches soient détestés, mais simplement qu'ils paient une juste part. Quand on a plus d'argent, on paie plus.